Affiche du film The Black Book
© Métropole Films Distribution

Le carnet noir

Version en français
v.o.néer.s.-t.a. : Black Book
16 mai 2007

Le carnet noir

Photo Par Karl Filion
Paul Verhoeven, réalisateur des mémorables Total Recall, Basic Instinct et Starship Troopers, retourne dans son pays d'origine, les Pays-Bas, pour réaliser un film sur la Deuxième Guerre mondiale. Un film étranger parce qu'en néerlandais, mais qui utilise les mêmes mécanismes que les classiques américains du genre. Heureusement que l'histoire de la Résistance néerlandaise est moins bien connue que la Résistance française, par exemple, parce que c'est la seule nouveauté qu'offre cette histoire complexe et un peu longue. Plein de rebondissements inégaux, mais efficace dans l'ensemble.

Alors qu'elle tente de quitter le pays avec sa famille, la jeune Rachel tombe dans une embuscade. Seule survivante du groupe, elle se joint à un groupe de rebelles et commence à espionner le haut-commandement allemand. Pour se faire, elle débute une liaison avec un officier, pendant que ses compatriotes tentent de stopper les massacres.

Paul Verhoeven ne s'est pas bâti une réputation de grand cinéaste lors de ses années passées à Hollywood. Son flair pour les scènes d'action et le suspense semble être reconnu, certes, et il fait ici honneur à sa réputation avec des poursuites en voiture et des fusillades explosives. Mais Le carnet noir va plus profondément dans son exploration des mécanismes de la guerre. De la trahison, en fait, omniprésente, et de la paranoïa qui l'accompagne. Le tout n'est qu'effleuré, bien sûr, tout comme le clin d'oeil final - lourd de sens - qui ajoute une autre dimension à cette cruauté.

Les personnages manichéens remplissent parfaitement leur objectif; on s'attache vite fait aux bons et on répudie du même souffle les méchants. Le classique officier allemand qui a pourtant un grand coeur est aussi présent, comme son alter ego sans scrupules. Grâce aux performances des acteurs cependant, le tout passe plutôt bien. L'introduction du film en Israël mine cependant sérieusement le suspense à venir, une fois qu'on sait qui survit, les péripéties et les dangers paraissent bien mois pesants.

Le scénario se permet quelques surprises qui relancent à chaque fois l'intérêt. La crédibilité est sauve mais pas la morale. Un certain cynisme pourrait même être perçu dans le film, mais n'est jamais entièrement assumé. Dommage.

Sinon, excepté cette musique sans fin qui agace sérieusement, Le carnet noir est un film qui fonctionne bien. Un thriller de guerre somme toute très classique, mais bien fait et qui parvient à surprendre. Avec des prestations d'acteurs meilleures que la moyenne, la jeune Carice van Houten (solide et charismatique) et Sebastian Koch, le héros de La vie des autres en tête, l'expérience est plus agréable que moins.
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Photo Karl Filion

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