Affiche du film The Ugly Truth
© Sony Pictures

La vérité toute crue

Version en français
v.o.a. : The Ugly Truth
24 juillet 2009

La vraie toi

Photo Par Karl Filion

Les comédies romantiques - un type de film qu'on pourrait comparer, dans l'ordre du vestimentaire, à un bon vieux coton ouaté plein de trous mais spécialement confortable et rassurant - en plein été, c'est assez incongru. On les attend plutôt au détour dans les environs de la mi-février, alors qu'ils sont plus utiles à l'avancement socio-démographique. En plein été, donc, on s'étonne de voir arriver cette énième exécution mécanique d'une recette bien établie. Pourtant on ne devrait pas, tellement le prévisible et le rassurant semblent avoir la cote. Ce n'est pas parce que c'est troué qu'il faut le jeter, apparemment.

La productrice d'une émission de télévision matinale, Abby, est choquée d'entendre les propos machos et désintéressés du commentateur Mike Chadway, qui prétend savoir ce que les hommes veulent vraiment chez une femme. Lorsque Abby, qui est plutôt à la recherche de l'homme parfait, apprend que Mike participera à son émission, elle jure de causer sa perte. Pourtant, c'est grâce à lui qu'elle se rapprochera de ce séduisant médecin à qui elle voudrait bien plaire...

Robert Luketic est un réalisateur profondément désagréable. Son utilisation exagérée d'écrans verts absolument inutiles (et de piètre qualité au demeurant) et l'omniprésence d'une musique populaire répétitive et futile viennent rendre ses films, depuis 21, affreusement inintéressants visuellement. Ses images, affreuses, ne parviennent même pas à installer une certaine bonne humeur à travers la pléiade de personnages stéréotypés qui peuplent le vieux coton ouaté comme des mites. Blagues faciles, soubresauts dramatiques prévisibles, on connaît la chanson.

C'est déjà mal parti lorsque le réalisateur s'avère être tout à fait malhabile pour diriger des comédiens, abandonnés à eux-mêmes, et pour installer une quelconque montée dramatique, alors quand en plus le sujet a été tourné et retourné, lavé et relavé cent fois, il n'y a plus grand chose à en tirer. Certes, quelques scènes, toutes dans la première partie du film, étonnent avec leur rapport au langage utilisé, très cru, et aux sujets abordés. À certains moments, c'est presque rafraîchissant de voir des vrais humains qui parlent de vraies choses. Ils disparaissent cependant assez vite.

Ce n'est pas parce que Heigl et Butler n'ont pas de direction qu'ils ne sont pas charismatiques et efficaces dans leurs rôles, prisonniers pourtant des blagues dépassées et de conventions - cinématographiques autant que sociales - rétrogrades. Ils sont tous les deux assez mignons, c'est à peu près tout ce qu'on leur demande.

S'il a, au départ, quelques moments drôles et une belle audace dans le choix de ses sujets et les mots qu'il emploie, La vérité toute crue demeure grandement prévisible et parfois même complètement stupide. La deuxième partie du film, risible, vient à peu près tout gâcher ce qu'il y avait de potable dans cette redondante rencontre entre le beau gars un peu bum et la belle fille un peu naïve. La suite n'est qu'une longue descente aux enfers qui viendra conforter les lieux communs que partage déjà à grande échelle le cinéma. Inutile, été comme hiver.

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Photo Karl Filion

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