Affiche du film  The Sessions
© 20th Century Fox

La thérapie

Version en français
v.o.a. : The Sessions
31 octobre 2012

Besoin d'encouragements

Photo Par Karl Filion

The Sessions est un tout petit film; en budget, en envergure et en thématique. C'est simplement l'histoire d'un homme qui veut perdre sa virginité. Hollywood en a fait le sujet de dizaines de films pour ados. Mais ce n'est pas si simple que ça non plus : cet homme, Mark O'Brien, a quarante ans et il est handicapé. Sa quête est donc nécessairement plus complexe et plus mature que celles de quelques puceaux obnubilés par les filles. À moins que...

Opposant une vision amoureuse de la sexualité (Mark tombe facilement amoureux des filles) et une vision plus clinique, celle de la spécialiste, une assistante sexuelle dont le métier est d'enseigner et de mettre en pratique la sexualité, The Sessions se propose donc d'être un film hybride entre film d'amour et film biographique. Suffit d'y ajouter un peu d'humour, de la chaleur humaine, des émotions bien balisées et formalisées, et on a le film grand public par excellence de la saison. C'est à la fois réjouissant et prévisible.

Car si la réalisation anonyme de Ben Lewin évite habilement les écueils du mélodrame, de la surdramatisation et même de la vulgarité - il y a de nombreuses scènes sexuelles et de nudité, mais jamais au détriment du bon goût - on ne peut pas dire qu'il parvient à dynamiser le récit au delà des personnages. Tout repose donc sur eux, sur leur développement psychologique (parfois précipité) et sur le travail des comédiens.

Chaque performance de John Hawkes au cinéma est remarquée. Que ce soit dans Martha Marcy May Marlene ou dans Winter's Bone, il est toujours prenant de véracité, et The Sessions ne fait pas exception. Autant son corps que sa voix donnent une personnalité complexe à ce Mark O'Brien. Un petit problème cependant : sa relation intime avec Helen Hunt, une actrice froide dont la carrière périclite depuis dix ans, n'est jamais particulièrement crédible, même si cette dernière trouve ici un rôle qui risque d'attirer l'attention. William H. Macy, qui est plutôt le comic relief de l'histoire, est aussi excellent.

Mais on en revient toujours au même problème : voilà qui est mignon, joli, attendrissant, émouvant, inspirant si vous voulez, mais qui demeure assez prévisible. On sourit, on s'amuse un peu, on voit de bons acteurs, une réalisation assez anonyme, et on oublie tout, assez vite. The Sessions n'arrive pas à rendre inoubliable une histoire inoubliable.

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Photo Karl Filion

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