Affiche du film  La saga Twilight : Hésitation
© Les Films Séville

La saga Twilight : Hésitation

Version en français
v.o.a. : The Twilight Saga: Eclipse
29 juin 2010

L'homme froid

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y en a un qui y est arrivé... David Slade est parvenu (contre toute espérance) à me faire apprécier (avec, tout de même, d'importantes bémols) les aventures des vampires reluisants et des loups-garous gais de Stephenie Meyer. Il a réussi à amener l'histoire au-delà du cliché (les vampires ne scintillent qu'à deux reprises et la semi-nudité de Taylor Lautner est davantage ironique que séduisante) et de l'incohérente idylle entre une humaine et un mort-vivant. La réalisation, moins académique, moins plastique, octroie au film un esprit nouveau, une manière différente d'aborder la passion amoureuse de deux êtres aux antipodes et les choix existentiels qui en découlent.

Maintenant que les Cullen sont revenus à Forks, Bella retrouve sa joie de vivre auprès de l'amour de sa vie, Edward. Bien qu'elle tente de le convaincre qu'il la transforme en vampire, Edward hésite puisqu'il connaît les conséquences de cette transformation. Lorsque Edward et Jacob apprennent que Victoria est revenue en ville avec une armée de Nouveau-nés pour éliminer Bella, ils devront former une alliance pour protéger la fille qu'il aime et sauver leur race respective.

Même si ce troisième chapitre est le meilleur des trois, on ne nous épargne guère d'absurdes stéréotypes et des notions puériles; après le miroitement de leur peau au soleil, leurs pouvoirs surnaturels et leurs yeux jaunes, on nous apprend maintenant que les vampires cassent comme de la porcelaine au combat et que leur vision psychique a des angles morts. Même les loups-garous, qui sont généralement vêtus uniquement que d'un jeans déchiré, ont de nouvelles propriétés comme l'imprégnation et la chaleur corporelle.

La narration est généralement cohérente et présente des éléments intéressants du passé de certains personnages secondaires, dont Rosalie et Jasper. Les émotions, qui nous apparaissaient toujours aussi forcées et confuses dans les deux premiers chapitres, sont ici modérées par des altercations amusantes ou des justifications plus tangibles. On nous expose l'hésitation de Bella comme d'un phénomène naturel et raisonnable; on peut aimer deux personnes différemment, ce n'est pas un symptôme anormal, seulement humain. Malgré l'univers utopique dans lequel évolue la protagoniste, on présente certaines étapes de l'adolescence - les premières pulsions sexuelles, la graduation - avec parcimonie et authenticité.

La réalisation audacieuse de Slade - qui utilise parfois la caméra à l'épaule (notamment dans une première scène très efficace) ou des plans hétéroclites - en est pour beaucoup dans la « réussite » de ce troisième et avant-dernier opus. Les problèmes de proportions des loups-garous par rapport aux vampires sont toujours présents, mais beaucoup moins dérangeants, la texture plus affirmée de l'image donne un ton dramatique et inquiétant au film pour adolescent et le montage, généralement rythmé, permet au long métrage de n'être victime que de quelques longueurs rebutantes.

Je ne suis pas en train de dire que je me promènerai maintenant avec des chandails d'Edward et que ma taie d'oreiller à l'effigie de Jacob, mais jamais je n'aurais cru prendre plaisir à voir des vampires et des loups-garous s'engager dans un combat mortel pour obtenir le coeur d'une adolescente inadapte à se développer dans la société humaine. Slade mérite tout mon respect aujourd'hui.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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