Affiche du film  La rage de vivre
© Les Films Séville

La rage de vivre

Version en français
v.o.a. : Remember Me
12 mars 2010

Je préfère oublier

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Si ce n'était pas de cette finale impertinente, absurde voire odieuse, La rage de vivre serait un long métrage anonyme mais supportable. Considérant cette conclusion inexcusable, le drame romantique d'Allen Coulter est une offense à l'intelligence du spectateur, à son discernement. Je ne m'étendrai pas sur le sujet (même si j'en meurs d'envie) pour ne pas vous « gâcher la surprise », mais imaginez la finale la plus naïve, la plus niaise, multipliez-la par dix et vous serez encore loin du compte.

Tyler est un jeune new-yorkais de 22 ans qui se remet difficilement du suicide de son frère quelques années plus tôt. Lors d'une soirée bien arrosée, Tyler se joint à une bataille dans la rue et finit en prison, après avoir été maltraité par un policier. Lorsque son colocataire découvre que cet agent de la loi agressif a une fille, il le met au défi de la séduire et de la laisser tomber par la suite pour se venger des actes de violence de son père. Ally s'avère une jeune femme séduisante et intrigante de laquelle Tyler tombera rapidement follement amoureux.

Le jeu d'un acteur doit être éblouissant pour que le spectateur ne s'attarde pas à ses rôles précédents lorsque ces derniers ont été marquants. Robert Pattinson, qui est sur toutes les lèvres hollywoodiennes depuis qu'il incarne le vampire Edward dans les films adaptés des livres de Stephenie Meyer, n'est malheureusement pas à la hauteur de sa célébrité. Son personnage, d'une intensité excessive, nous rappelle continuellement le mort-vivant amoureux de Bella, rien pour nous ramener au personnage du New-Yorkais déchiré par des ennuis familiaux - mis à part l'évidence de la couleur de sa peau. Emilie de Ravin donne quant à elle une performance convenable, honnête, alors que la jeune Ruby Jerins (qui incarne la soeur de Pattinson), malgré l'apparence d'un sincère talent, semble avoir été dirigée de manière excessive tellement que son personnage timide et réservé paraît, à certains moments, souffrir d'autisme.

Le scénario comporte certaines failles évidentes, tant au niveau structurel que narratif. La relation amoureuse qu'entretiennent les protagonistes nous semble souvent forcée, discordante. Elle est construite autour de stéréotypes majeurs des films romantiques; la fête foraine et la peluche géante, le non-conformisme de la femme indépendante, le rebel récalcitrant et la querelle excessive entre les amoureux lorsque le véritable prétexte de leur rencontre est révélé. Une suite interminable de coïncidences, de hasards incongrus viennent également bouleverser le déroulement normal de la narration. On sent que les choses ont été forcées et pas seulement par le pouvoir incontesté du destin.

Le réalisateur utilise parfois certains plans audacieux, comme la caméra à l'épaule ou des gros plans sur des objets aux dépens des protagonistes, mais ces perspectives sont si éparses et décousues qu'on a davantage l'impression d'avoir forcé l'intervention artistique à défaut d'une sincère originalité. La phrase leitmotiv du long métrage est une citation de Gandi : « Tout ce qu'on fait dans la vie est insignifiant. Mais c'est très important de le faire, sinon personne ne le fera »; je crois qu'on a trouvé une chose que, même Gandi, aurait cru inutile de faire.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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