Affiche du film  La purge
© Universal Pictures

La purge

Version en français
v.o.a. : The Purge
7 juin 2013

L'Amérique tranquille

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

En terme de prémisses de films d'horreur, il est difficile de faire mieux que The Purge; en 2022, les États-Unis ont trouvé un moyen de réduire le taux de chômage, de pauvreté et de criminalité à un niveau encore jamais atteint en Amérique, grâce à la Purge. Lors de cet évènement annuel, tous les crimes sont permis et les citoyens ordinaires sont invités à assouvir leurs plus bas instincts en assassinant, battant ou violant leurs voisins. Les gens riches se barricadent derrière les murs blindés et sont assistés par des systèmes d'alarme qui empêchent les bandits de les atteindre, ce sont donc les moins fortunés qui sont les victimes des malfaiteurs. Lorsqu'une famille nantie est attaquée par un groupe de tueurs qui parviennent à outrepasser leur système de sécurité, c'est la terreur qui attend ses membres.

The Purge est, en général, assez bien réussi; violent, amoral, indiscipliné, mais, tristement, réaliste (dans le contexte du film bien sûr). C'est aussi toute l'ironie qui s'en dégage qui est poignante : personne ne semble vraiment discréditer et questionner ce concept loufoque (mis à part peut-être le petit garçon d'une dizaine d'années qui n'a pas encore été conditionné par la société). On leur a prouvé que le concept fonctionne, que de laisser les humains exprimer leur bestialité leur permettait d'être plus civilisé le reste de l'année, alors on accepte sans broncher l'idée que tuer est salutaire. Toute cette histoire, qui aurait pu n'être que bête trame de fond, est très bien contextualisée et nous est exposée avec beaucoup de sérieux, un sérieux qui nous permet de l'accepter sans trop la questionner nous non plus.

Axer l'histoire sur une invasion de domicile n'était peut-être pas la meilleure approche, mais elle reste tout de même fort efficace. Le huis clos s'avère bien maîtrisé ici par le réalisateur et scénariste James DeMonaco. Dès que la maison est barricadée, le public (comme les personnages) n'a accès à l'extérieur qu'à travers ce qu'il peut voir par les caméras de surveillance et ce que les tortionnaires, campés devant l'entrée de la riche demeure, veulent bien leur révéler. Un montage d'images saccadées extraites des caméras, montrant les criminels qui tentent d'intimider les résidents, est d'ailleurs fort habile. On aurait préféré que ce récit intelligent rejette certains clichés du film d'horreur traditionnel comme les comptines d'enfants, les rires machiavéliques ou les masques, mais on peut comprendre pourquoi ces détails si opérants et effrayants font toujours partie intégrante de l'horreur.

Le générique d'ouverture représente probablement l'une des plus « belles » scènes de la production d'épouvante. Le film commence en nous présentant des images issues de caméras de surveillances à travers le pays qui montrent des tueries ignobles, des bains de sang et des massacres d'une violence sans nom. Ce qui est magnifique c'est qu'elles ont été montées sur une musique classique douce et apaisante. L'opposition fonctionne fabuleusement bien et le résultat donne la chair de poule.

The Purge n'est évidemment pas du même calibre que Funny Games, par exemple, qui présentait aussi une invasion de domicile, mais il reste fort efficace pour les amateurs de suspenses d'épouvante et d'histoires intelligentes et bien montées.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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