Affiche du film  La purge : Anarchie
© Universal Pictures

La purge : Anarchie

Version en français
v.o.a. : The Purge: Anarchy
18 juillet 2014

Le génocide des pauvres

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

The Purge m'avait plu en ce sens qu'il exposait une histoire originale, à défaut d'être moralement saine. Parce que même si ce n'est pas le propre des films d'horreur d'être équilibré, il faut avouer que la trame narrative de The Purge - et celle de The Purge: Anarchy - est particulièrement malsaine. Le gouvernement, dirigé maintenant par les Pères fondateurs, a décidé de mettre sur pied une nuit où tous les crimes sont permis et où les Américains sont appelés à laisser sortir leurs instincts primaux et assassiner froidement leurs voisins. Il y a le concept du « génocide des pauvres » qui est soulevé dans ce nouveau film. Le fait que les hautes sphères de l'administration étasuniennes auraient institué la purge pour éradiquer les pauvres, qui ont moins de moyens pour se protéger des criminels sans foi ni loi qui parcourent les rues. Une hypothèse intéressante qui enrichit quelque peu ce récit qui, malgré son hypothèse de base riche, est bien mince par moments.

Bien que The Purge: Anarchy aurait eu tous les atouts pour être une oeuvre gore par excellence dans laquelle des corps sont démembrés par des haches et des têtes arrachées par des machettes, le film a plutôt choisi de faire de ces préceptes morbides un suspense. Il est étrange qu'on nous cache volontairement les sacrifices sanguinolents pour ne nous laisser voir que les victimes des fusils qui s'écroulent après quelques balles qui leur traversent le torse. Il y a une retenue dans The Purge: Anarchy qui n'est pas favorable à l'ensemble de la production. On a l'impression que l'oeuvre tente de ménager les spectateurs, mais avec une proposition de départ aussi barbare on a du mal à comprendre l'intérêt (même si rationnellement on comprend que Universal ne voulait simplement pas être classé NC-17 aux États-Unis et perdre ainsi une audience adolescente).

Le concept de The Purge: Anarchy permet d'intégrer plusieurs tueurs en série dans le même film. Les martyrs sont prisonniers d'une ville dans laquelle ils peuvent tomber face à face avec un tueur sanguinaire à chaque coin de rue. Évidemment, la tension est souvent à son comble, mais The Purge: Anarchy tire peut-être trop profit de la recette du film d'horreur pour surprendre. Dès que la trame sonore s'arrête et que le silence domine l'ambiance, on sait qu'un ennemi est sur le point de surgir. La tension est présente, oui, mais la surprise n'y est pas.

Au départ, on suit trois familles distinctes qui n'ont, en apparence, rien en commun, et c'est seulement après une vingtaine de minutes que leur destin se recoupe et que la vraie intrigue débute. Cette proposition de plusieurs protagonistes est intéressante, surtout en comparaison au premier film de la franchise qui proposait davantage un huis clos avec une seule famille. C'est l'un des avantages de ce concept de Purge, il permet une grande diversité scénaristique. Peut-être a-t-on poussé le modèle à l'extrême en dépeignant des riches qui achètent des pauvres aux enchères pour ensuite les chasser dans un hangar, mais le concept permet ce genre de liberté et de déraillement.

Le suspense d'épouvante s'adresse à des gens qui aiment que le cinéma provoque en eux un sentiment d'effroi, mais ceux qui s'attendent à ce que le sang gicle et recouvre l'écran seront probablement déçus de la retenue que se permet The Purge: Anarchy.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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