La nuit nous appartient

Version en français
v.o.a. : We Own the Night
12 octobre 2007

La famille avant tout

Photo Par Karl Filion
Un film policier qui a des qualités rares et une sensibilité unique, mais qui se torpille littéralement et qui croule sous les bêtises et autres inepties verbales. Et ce, oui, malgré les performances des acteurs.

Bobby Green dirige le bar le plus populaire de Brooklyn, le El Caribe. Mais un soir, une descente menée par son frère policier et les représailles qui s'ensuivent mettent toute la famille en danger. Sous la protection de la police, Bobby tente d'arrêter un important trafiquant de drogue qui prépare un gros coup.

Dans sa représentation de l'esprit de famille, La nuit nous appartient dévoile une sensibilité crédible et modeste qui offre les meilleurs moments. L'impuissance d'un père qui voudrait le meilleur pour ses enfants est incarnée par un Robert Duvall brillant. Ses fils, incarnés par un Joaquin Phoenix en très grande forme dans une performance oscarisable, et Mark Wahlberg, tout aussi bon dans un rôle plus secondaire. Eva Mendes parvient d'ailleurs à tirer son épingle du jeu, même si c'est à travers son personnage qu'apparaissent les principales irrégularités.

Pourtant, à chaque fois que La nuit nous appartient impressionne avec sa manière virile de représenter la fraternité et l'amour masculin, diverses improbabilités et incohérences viennent tout gâcher. Des clichés impardonnables ou de la bêtise pure et simple - on dirait de l'imprudence, si on voulait être gentil - et la finale, bien monotone et trop intimidée pour s'attaquer au vrai dilemme de la vengeance. La finale n'a pas l'envergure qu'il fallait pour clore une histoire plus mature que la moyenne.

Dommage d'ailleurs que quelques clichés effrontés, surtout sur l'identité du ou des traîtres gâchent un peu l'expérience. Une poursuite en voiture, en particulier, est efficace et l'émotivité des situations représentées passe par la retenue du réalisateur James Gray, qui laisse les spécificités du cinéma faire leur oeuvre. Dommage que le thème du pardon soit forcé après quelques minutes à peine de projection, la culpabilité étant le moteur de cette histoire.

La nuit nous appartient donne envie de revoir La parrain. Ce n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle; c'est que la premier n'est pas suffisant en lui-même mais aborde les bons sujets et pose les bonnes questions. Le talent est là, il est simplement exploité un peu maladroitement par un scénario qui a tout d'une oeuvre incomplète.
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Photo Karl Filion

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