Affiche du film  La légende de Tarzan
© Warner bros. Canada

La légende de Tarzan

Version en français
v.o.a. : The Legend of Tarzan
30 juin 2016

Le Tarzan colonial

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Des films sur Tarzan, il y en a eu énormément... trop. Exploiter un sujet ainsi à la corde ne peut qu'être nocif pour la réception qu'en feront les cinéphiles, déjà harassés par les remakes, les suites et les spin off de toutes sortes.

Dans ce cas-ci, Hollywood a décidé de ne pas exploiter l'histoire du Seigneur de la jungle comme tous les autres. Plutôt que de nous présenter ses origines (comme la plupart le font inlassablement), le studio a plutôt choisi de nous raconter une autre histoire, celle d'un Tarzan colonisé, qui vit en Angleterre avec sa femme, Jane. Ce dernier, ne reniant pas ses racines sauvages, est invité par le Roi de Belgique à se rendre au Congo pour visiter certaines de ses propriétés. L'ancien roi de la jungle accepte la proposition, mais les choses tourneront mal; Jane sera prise en otage par des brigands assoiffés de pouvoir et d'argent et le pays d'Afrique centrale risque d'être soumis à l'esclavage.

Bien que nous sommes reconnaissants envers Warner Bros. qui nous a épargné un autre film sur la genèse de ce personnage d'Edgar Rice Burroughs, nous ne pouvons que constater que le résultat n'en est pas point décevant. Cette histoire, bien que différente, n'est pas très enlevante. Dès les premières secondes, nous savons comment le tout se terminera et nous pouvons même deviner l'essence des péripéties tellement les lianes les ficelles du récit sont évidentes. La finale est d'ailleurs particulièrement fade, pour ne pas dire cucul. 

Alexander Skarsgard s'avère plutôt convaincant dans le rôle principal, même si on a parfois l'impression qu'il pourrait se retrouver sur la page couverture d'un roman Harlequin.

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Malgré son talent immense, Christoph Waltz ne fait pas bonne impression au sein de cette distribution compte tenu du fait qu'il incarne un méchant sans nuance et dont on peut mal expliquer les motivations. L'argent est, certes, un motif convaincant, mais l'est-il à ce point? Difficile à croire. Samuel L. Jackson interprète, pour sa part, un personnage de joker, un homme permutable dont le mobile s'avère aussi particulièrement douteux. Margot Robbie est, quant à elle, habile sous les traits d'une Jane au fort caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

D'un point de vue visuel, The Legend of Tarzan est une réussite controversée. D'un côté, on ne peut que constater la qualité des animaux et des décors faits entièrement par ordinateur, mais on ressent à plusieurs reprises les limites de la technologie. Il y a quelque chose de froid dans l'image, malgré une texture et une couleur intéressantes, qu'on ne peut ignorer. The Jungle Book, sorti au printemps dernier, a lui aussi été fait complètement avec des images de synthèse et il était pourtant moins frigide.

The Legend of Tarzan ne saura malheureusement pas se démarquer de la masse de films portant sur le même sujet. Les créateurs étaient probablement bien intentionnés, mais le film devient rapidement ennuyant et prévisible. Peut-être, la prochaine fois, Hollywood pourrait essayer un autre chemin que celui déjà pavé par ses prédécesseurs.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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