La légende de Beowulf

Version en français
v.o.a. : Beowulf
v.o.a. : Beowulf: An Imax 3D Experience
v.f. : La légende de Beowulf : version Imax 3D
15 novembre 2007

L'image au service du mythe

Photo Par Karl Filion
Assez impressionnant à regarder, La légende de Beowulf repousse les limites de l'animation avec un réalisme choquant. Plus besoin d'acteurs si on peut atteindre un tel niveau d'exactitude! N'exagérons rien, les acteurs sont au cinéma pour y rester, on ne peut pas encore s'en passer. Mais il y a une chose dont on ne pourra pas se passer de sitôt : un bon scénario.

Le domaine du roi Hrothgar subit les attaques incessantes du démon Grendel, un être difforme qui terrorise les habitants du village. Jusqu'ici, personne n'a pu l'affronter. Mais le héros Beowulf, qui vient d'arriver, promet de vaincre le démon et sa mère, cachée dans une grotte aux limites du royaume. Et s'il triomphe, c'est lui qui montera sur le trône.

Inspiré d'une légende scandinave, le film de Robert Zemeckis n'a de séculaire que son histoire. La technologie de capture de mouvements (aussi utilisée par Zemeckis dans Le Boréal-Express) est plus convaincante que jamais, permet une foule de plans de caméra impossibles et de séquences d'action enlevantes. Malheureusement, certains phonèmes semblent impossibles à prononcer pour les créatures animées du film, et l'illusion n'est jamais parfaite même si la ressemblance avec les acteurs qui prêtent leur voix est prodigieuse, tout comme le souci du détail, qui va jusqu'aux pattes d'oie au coin des yeux.

Le scénario de La légende de Beowulf est construit si maladroitement qu'après une introduction palpitante et un combat enlevant entre l'invincible Beowulf et le géant Grendel (qui a les traits d'un Crispin Glover méconnaissable), une importante baisse de régime vient remettre les choses en perspective : on n'y a vu que du feu jusqu'à maintenant, mais il ne se passe rien dans ce film. Et l'immense ellipse temporelle qu'on impose au spectateur est vraiment grossière, laissant plusieurs incohérences inexpliquées. Beowulf est un menteur irresponsable, et ses tiraillements moraux sont presque complètement négligés par le script. Et voilà que lors du soubresaut final, une séquence d'action épique somme toutes bien réalisée, on est déjà somnolent, d'autant que la question n'est pas de savoir qui va l'emporter.

La réalisation de Zemeckis est efficace cependant, il se permet d'exploiter les possibilités de toute cette technologie, rehaussée par la projection en IMAX 3D. La violence extrême de plusieurs séquences en plus de nombreuses - et pas toujours très propres - références sexuelles font de La légende de Beowulf un film pour adultes, qui fait dans le tape-à-l'oeil et l'ostentation. Cela ne fait que dévoiler davantage sa faiblesse principale, cette faiblesse sous le menton, ce scénario déficient. L'histoire n'est au service de personne et les personnages ne sont jamais attachants ou plus vivants qu'une quelconque photographie couleur. L'action est efficace au début et à la fin, mais c'est insuffisant.
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Photo Karl Filion

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