Affiche du film  Café Society
© Métropole Films

La Haute Société

Version en français
v.o.a. : Café Society
v.o.a.s.-t.f. : La Haute Société
27 juillet 2016

Club sélect

Photo Par Martin Gignac

Qu'il change de genre, de ville ou d'acteur, le cinéma de Woody Allen est reconnaissable entre tous. Le destin a toujours le dernier mot et son art glamour s'exprime généralement par la musique jazz.

C'est au sein des années 30 qu'il chérit depuis toujours que se déroule son énième long métrage Café Society. Pas dans un passé rêvé comme c'était le cas de Midnight in Paris ou The Purple Rose of Cairo, mais un Hollywood forcément fantasmé avec ses innombrables stars qui feront saliver les cinéphiles les plus invétérés. Un complément idéal à l'encore plus exaltant Hail, Caesar! des frères Coen.

L'amour est à nouveau au coeur de ses préoccupations et il concerne un jeune homme naïf (Jesse Eisenberg), son oncle (Steve Carell) agent des plus grandes vedettes et sa secrétaire (Kristen Stewart). Un triangle à variations multiples qui est mignon comme tout sans pour autant impliquer émotionnellement le spectateur. Un inconvénient de plus en plus récurrent dans la filmographie du metteur en scène et qui revient aux personnages qui ne demeurent que de simples archétypes.

Sorte de petit-fils spirituel - ou alter ego - du cinéaste, Jesse Eisenberg se bidonne allègrement et il amuse énormément, ayant pris du gallon depuis son apparition dans le très ordinaire To Rome with Love. Une partition qui n'est toutefois pas très éloignée de ce que fait le comédien de film en film. Un constat similaire pour l'hilarant Steve Carell qui demeure parfaitement dans son élément. C'est Kristen Stewart qui surprend totalement, envoûtant de sa présence incandescente. En continuant d'être dirigée par de tels talents comme Allen ou Olivier Assayas, qui sait jusqu'où elle ira.

C'est justement la première partie où elle est la plus présente qui demeure la plus intéressante. La suite moins satisfaisante déménage ses pénates à New York, s'enlisant dans une intrigue de gangsters qui n'est pas sans rappeler Broadway Danny Rose en plus mineur. Le scénario riche en dialogues truculents multiplie les sous-entendus à l'oeuvre, l'existence et les racines juives de son créateur. Les situations ne sont toutefois pas aussi soignées et elles s'éparpillent au détour d'une prostituée sans expérience et d'un voisin colérique, rappelant que l'amour véritable ne fait pas toujours le poids devant la célébrité et l'argent. Rien ne dépasse le registre léger et le réalisateur a évidemment déjà arpenté cette matière première qui fait mouche à nouveau.

Ce qui est le plus mémorable dans cette charmante escapade est la splendeur des images. L'élégant Café Society est certainement le film le plus beau visuellement de son auteur depuis l'époque bénie de Annie Hall. L'immense directeur de la photographie Vittorio Storaro (Apocalypse Now, Le conformiste et autres classiques à extasier la rétine) a fait un travail sidérant, soignant constamment ce qui se trouve à l'écran. Beaucoup plus ludique est la mise en scène d'Allen qui se la joue vieille école avec son montage qui rappelle celui de Kurosawa et la narration pince-sans-rire qu'il assure lui-même. On est loin de Blue Jasmine et de ses quelques fabuleux plans-séquences.

Après ses ennuyeux et déjà oubliés Irrational Man et Magic in the Moonlight, cela fait du bien de voir Woody Allen retrouver la forme. Café Society n'est peut-être qu'un simple divertissement qui met de bonne humeur, c'est déjà énorme de la part de cette légende de 80 ans qui a déjà plus de 45 films au compteur et qui est loin de s'essouffler. De quoi rendre de bonne humeur ses fans qui avaient la mine basse depuis quelques années déjà.

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Photo Martin Gignac

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