Affiche du film  La grande séduction à l'anglaise
© Les Films Séville

La grande séduction à l'anglaise

Version en français
v.o.a. : The Grand Seduction
29 mai 2014

Séduire... de nouveaux marchés

Photo Par Karl Filion

Les remakes sont fréquents et si les Américains en sont les spécialistes, c'est parce qu'il est inconcevable pour eux de distribuer à grande échelle un film dans une langue étrangère, donc sous-titré. Question culturelle, question d'habitude, question de chauvinisme, mais aussi question de star-sytème. Le Canada anglais étant un sous-territoire pour les distributeurs américains, c'est souvent le même principe... Il ne faut donc pas s'étonner de voir The Grand Seduction, remake en anglais de La grande séduction, grand succès québécois scénarisé par Ken Scott et réalisé par Jean-François Pouliot, arriver sur les écrans.

À l'instar du Delivery Man de ce même Ken Scott, l'intérêt d'un tel film pour le public québécois est limité par l'aspect redondant d'à peu près tous les éléments de The Grand Seduction : l'intrigue est la même, les gags très similaires et les acteurs souffrent de la comparaison avec leurs alter ego québécois. Pas que Brendan Gleeson, Gordon Pinsent ou Taylor Kitsch soient « mauvais », pas du tout même, mais aucun des trois ne surpasse en charme les Raymond Bouchard, Pierre Collin et David Boutin.

Adieu donc la belle fraîcheur de ce sujet « simplement compliqué » mais tellement efficace qui évoquait des émotions universelles avec un humour fin qui séduisait par son respect rigoureux des personnages, eux qui étaient justement incarnés par des acteurs charismatiques. Le travail de Don McKellar derrière la caméra ne se démarque pas non plus de celui de son prédécesseur, l'acteur et réalisateur canadien filmant le plus conventionnellement possible les aventures des habitants de Sainte-Marie-la-Mauderne Tickle Cove. Du cinéma utilitaire, en somme.

Peu de changements à l'histoire, et ce qui était une bonne idée en 2002 l'est encore aujourd'hui. Il faut cependant toujours garder à l'esprit qu'il s'agit d'un « feel-good movie » tout ce qu'il y a de plus grand public et que la crédibilité est un moindre souci que le divertissement. C'est donc avec un intérêt inégal qu'on suit en parallèle de l'exercice de séduction du Dr Lewis les négociations avec une multinationale qui veut faire bâtir son usine à Tickle Cove, subissant plusieurs changements de ton et de rythme. Les beaux paysages ne suffisent pas et on ressent souvent de relâchements dans l'intrigue qui manque de rythme.

The Grand Seduction ne s'adresse pas au public québécois, qui n'a rien à gagner à voir un film semblable à un autre, et un meilleur, produit dans sa langue il y a dix ans. Est-ce un défaut du film cependant? Ce n'est pas certain. Si on n'a pas vu l'original et qu'on ne parle pas le français, on trouvera probablement une belle humanité dans ce film, qui ne démontre cependant pas beaucoup d'inventivité. Dommage, mais prévisible.

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Photo Karl Filion

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