Affiche du film  La grande miraille
© Universal Pictures

La grande muraille

Version en français
v.o.a. : The Great Wall
16 février 2017

La chute du mur

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Impossible de ne pas se faire la réflexion suivante en visionnant The Great Wall : « Quel argent gaspillé! ». Une somme de 150 millions $ (il s'agit de la coproduction entre la Chine et les États-Unis la plus couteuse de l'histoire) a été investie dans ce film qui se prend pour le Seigneur des Anneaux, mais fait à peine mieux que Gods of Egypt ou Immortals

Le principal problème de The Great Wall est, sans aucun doute, son histoire trouée et risible. Cette légende des Tao Tei (des monstres mythiques voraces, qui menacent la sécurité de l'humanité entière, retenus par la muraille de Chine et ses soldats dévoués) manque de substance. On nous explique l'origine des créatures hâtivement, entre deux combats à l'épée ou à l'arc. La mythologie n'est jamais approfondie. On nous glisse des bribes d'informations ici et là, censées nous satisfaire. On nous révèle, par exemple, qu'une pierre magnétique spéciale assourdit les monstres et les endort. Mais, d'où vient cette pierre? Pourquoi le héros la transportait-il avec lui? De quelle matière est-elle faite? Ce ne sont visiblement pas des renseignements pertinents, selon la production.

L'intérêt du film n'est pas son récit et les scénaristes n'ont même pas la décence de faire des liens cohérents. Les héros arrivent à leurs fins grâce à des coïncidences ou à la bonne fortune, laissant, bien évidemment, des centaines de milliers de morts derrière et beaucoup de questions sans réponse.

Il serait hypocrite de prétendre, par contre, que visuellement The Great Wall n'est pas réussi. Les décors, les paysages et les costumes sont absolument fabuleux. Si ce n'était pas de son contenu grotesque, le film aurait la prestance d'une aventure épique mémorable. Les effets spéciaux sont aussi, pour la plupart, aboutis. Il y a bien quelques moments plus brouillons, mais, dans l'ensemble, impossible de reprocher à The Great Wall la qualité de son contenant. Le cinéaste chinois Yimou Zhang, qui a notamment réalisé House of the Flying Daggers, est un styliste époustouflant, mais pas nécessairement le plus habile des raconteurs...

Matt Damon - il fallait bien sûr un acteur occidental comme tête d'affiche; il y a d'ailleurs eu une polémique à ce sujet lors de la publication de la bande-annonce - n'est pas très crédible dans le rôle d'un soldat ayant combattu aux côtés des plus grandes armées du monde. Le comédien ne paraît pas particulièrement confortable dans son armure et jamais il n'arrive à convaincre le public de ses aptitudes particulières en tant qu'archer. Il ne permet pas non plus aux spectateurs de s'attacher à son personnage, qui n'a pas besoin de beaucoup d'arguments pour être détourné de ses ambitions narcissiques vers de nobles objectifs humanistes.

Le long métrage d'aventures manque de substance et de vision. Difficile de ne pas être déçu par tant d'efforts gâchés et d'argent mal investi. De l'association de ces deux grandes puissances mondiales - la Chine et les États-Unis - peut certainement naître quelque chose de mieux que The Great Wall, il faut y croire...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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