Affiche du film  Catwoman
© Warner Bros. Canada

La femme chat

Version en français
v.o.a. : Catwoman
21 juillet 2005

À la litière!

Photo Par Karl Filion
Dire que Catwoman est la pire adaptation de super-héros jamais produite n'est pas encore assez. Et je crois que "pire film de l'année" n'est pas suffisant non plus.

Si toutes mes craintes face à ce nouveau film de Pitof, le réalisateur de Vidocq, s'avèrent maintenant fondées... j'ai eu droit à encore bien pire qu'à ce que je m'attendais.

J'espérais voir une Halle Berry tout en "formes", mais elle s'avère plutôt fade. Pas que sa performance soit si mauvaise que cela, non, c'est qu'elle semble servir à faire de la propagande sexuelle et c'est franchement dérangeant. Faire prendre à Halle Berry des poses suggestives (à genoux devant une Jaguar, ou se léchant la lèvre supérieure après avoir bu un verre de lait) peut sembler une bonne idée, la réalité est toute autre, c'est honteux, c'est sexiste et c'est difficile à comprendre. J'espérais que ce genre de fantasme, cette "sexualisation" du corps féminin (il ne s'agit même pas de la femme dans son ensemble, juste de son corps) était passée de mode. Et qu'elle ne fut pas ma surprise, et ma déception, de voir à la sortie de la salle de nombreux enfants, surtout des petites filles, pour qui cet exemple pourrait servir de modèle.

Quoi rajouter? Pitof semble ne pas savoir filmer quoi que ce soit, ni des dialogues, ni des scènes de combats. Si les confrontations sont rares, elles sont aussi banales, répétitives et pratiquement inutiles. Les dialogues, pour leur part, sont remplis de clichés, et cette idylle plastifiée entre Patience et le policier, joué par Benjamin Bratt, sent, non seulement le réchauffé, mais sonne complètement faux. Une honte! Sans oublier que les effets-spéciaux sont perceptibles, aisément - ais-je besoin de le préciser? – et sur-utilisés.

L'histoire, lorsqu'elle débute, ne parvient pas à intéresser et cela ne s'améliorera pas par la suite. Le scénario n'arrive à rien, soit parce qu'il est banal, soit parce qu'on prend les spectateurs pour des imbéciles, mais sûrement les deux à la fois. Cependant, moi, votre humble serviteur, est resté patiemment assis devant cet insipide mélange de blagues de mauvais goûts, de réalisation et de montage épileptiques, et d'acteurs exécrables. Berry, dans la peau de Patience Phillips, se cherche continuellement sans jamais se trouver. Bratt, dans le rôle du policier-qui-tombe-amoureux-sans-qu'on-ne-sache- vraiment-pourquoi-d'une-fille-qu'il-a-secourue (attention, cliché) est terriblement prosaïque, et Sharon Stone se ridiculise dans un rôle qui ne lui sied pas du tout, à s'acharner à répliquer constamment des inepties à tout le monde.

Il semble que Pitof et Halle Berry clament haut et fort en entrevue ces temps-ci que La femme-chat se veut une ode à la féminité. Personellement, je trouve qu'il se veut plutôt un hymne à la sexualisation de la femme, à l'expression libidinale nécessaire pour « être une vraie femme ». Pour moi, cette vision de la femme est faussée, sans que je ne puisse cerner pourquoi... à moins que les films comme celui-ci fassent partie de la cause. Un échec sur toute la ligne. Pour mâles en rut seulement.
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Photo Karl Filion

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