Affiche du film Tooth Fairy
© 20th Century Fox

La fée des dents

Version en français
v.o.a. : Tooth Fairy
22 janvier 2010

Qu'est ce qu'on ferait pas pour de l'argent

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Pauvre The Rock... Il était pourtant un lutteur émérite, respecté par ses pairs et admiré par le public; le malheureux en est aujourd'hui réduit à enfiler des collants et un tutu rose pour assouvir sa cupidité. Parce que, trêve de moquerie, quel argument autre que l'argent peut amener un athlète, jadis ovationné, à incarner (avec une incompétence évidente) une fée ailée dans un long métrage au scénario bâclé et aux effets spéciaux pitoyables?

Derek Jonhson est un joueur de hockey qui a été relégué dans les ligues mineures il y a quelques années suite à une blessure à l'épaule. Dans sa nouvelle équipe, Derek a comme tâche de protéger ses joueurs et de massacrer les joueurs de l'équipe adverse. On le surnomme la Fée des dents puisqu'il finit toujours par défigurer ses opposants en leur brisant les dents. Le jour où Derek ose avouer à la fille de six ans de sa petite amie que la fée des dents n'existe pas, il reçoit une infraction pour avoir décimé l'incrédulité et tuer les rêves. Pour payer pour son crime, Derek doit alors servir en tant que fée des dents pendant deux semaines.

Le long métrage est un pastiche, presque malsain, du film familial de John Pasquin, The Santa Clause. Le père Noël est ici remplacé par un hockeyeur en jupette et le monde des lutins par celui - factice et grotesque - des fées. Certaines scènes, notamment lors de dénombrements des accessoires magiques, rappellent également Click - mais sans l'aspect dramatique inattendu et désarmant qui avait fait la (discutable) réussite de la comédie. Les émotions que l'on tente de communiquer dans La fée des dents sont au-delà de l'insignifiance. Plus le récit avance, plus le public a la fâcheuse impression qu'on se joue de son intelligence. Certes, l'imaginaire enfantin est une caverne d'Alibaba pour les créateurs, pleins de possibilités et de compassion facilement acquise de la part des parents, mais il ne faut pas non plus jouer la carte de l'opportunisme.

Les costumes sont absolument ridicules et les effets spéciaux (effacer les cordes au montage étaient un travail beaucoup trop impliquant semble-t-il) ne font que décupler l'impression de canular que subit le public du début à la fin. Les répliques qui se voulaient amusantes sont plutôt grotesques et frisent régulièrement la parodie.

Dwayne « The Rock » Johnson  n'est pas un acteur, tout le monde en est bien conscient, mais la « caricaturalité » de son jeu et l'inconséquence de ses émotions à l'écran semblent démontrer un inintérêt à être considéré comme tel, une indifférence proche de l'égocentrisme. Si on peut justifier l'incompétence de The Rock à son changement de carrière, Julie Andrews n'a malheureusement pas cette excuse. Coincée dans un rôle stéréotypé, vraisemblablement mal construit, l'actrice n'arrive même pas à atteindre l'échelle de la crédibilité.

La fée des dents est un long métrage à l'ossature fragile, voire inexistante, qui vise un public trop large et exploite des sujets si souvent développés au cinéma qu'ils nous apparaissent insignifiants. J'utiliserai tout de même volontiers un peu de leur amnésie en poudre pour oublier que j'ai gaspillé 1h41 de mon existence à regarder un gars trop musclé en tutu rose tenter de nous convaincre de l'importance des rêves.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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