Affiche du film  La famille
© Les Films Séville

La famille

Version en français
v.o.a. : The Family
13 septembre 2013

Chez les mafiosos

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Luc Besson a toujours une bonne réputation, son nom est souvent considéré - encore aujourd'hui - comme un gage du succès, et pourtant les récents films sur lesquels il a travaillé à titre de réalisateur sont tous, ou presque (The Lady était très intéressant, à mon avis), minables. Il faut remonter à The Fifth Element (1997) pour comprendre l'affection de beaucoup de cinéphiles à ce réalisateur français. Besson a pris une autre mauvaise décision en choisissant de s'associer à l'adaptation cinématographique de ce livre de Tonino Benacquista. L'histoire de The Family ne paraît pas si lamentable lorsqu'on en juge les prémisses; une famille de mafieux avec de biens mauvaises habitudes sous le programme de protection des témoins, mais le film ne rend pas honneur à son sujet.

On voulait visiblement mettre des criminels dans des situations de la vie quotidienne. Comment un homme qui a tué un nombre important de personnes réagirait-il si son eau courante était de couleur brune et que la municipalité lui disait qu'elle ne pouvait rien pour lui? L'idée est amusante, mais le résultat est décevant. Bien vite, on ne s'intéresse plus au destin des membres imprévisibles de cette famille. Les personnages de cette histoire sont unidimensionnels et très stéréotypés.

Il y a énormément d'humour ethnique dans ce film; les Français vs. les Italiens vs. les Américains. Malheureusement, ce sont des blagues clichées et très peu recherchées. Les Italiens et l'huile d'olive, les Américains et les hamburgers et les Français et la crème, ce ne sont pas les analogies les plus originales qu'un scénariste de cette trempe aurait pu trouvé. Les textes sont tous banals. Aucune réplique ne nous fait rire, ni même sourire par pitié. Besson a choisi d'introduire un narrateur après qu'une vingtaine de minutes se soient écoulées au film. C'est lorsque le protagoniste trouve une machine à écrire dans sa verrière qu'il décide d'écrire ses mémoires et ainsi nous révéler les détails de sa vie de mafioso. Un procédé très peu efficace et même lassant.

La réalisation est, elle aussi, très peu inspirée. Une histoire caricaturale et loufoque comme celle-là se devait d'avoir un style visuel particulier, mais Besson a plutôt opté pour la transparence. Il y a plusieurs séquences sanglantes dans le film, mais la violence n'est pas suffisamment marquée pour qu'elle devienne sarcastique. Elle est toujours dérangeante.

Il est aussi plutôt surprenant que des personnalités comme Robert De Niro, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones aient accepté de participer à un film aussi mal écrit que celui-ci. Peut-être que le nom de Luc Besson a la même valeur pour le public que pour les artistes, et que tourner avec le cinéaste français est un honneur qu'on ne peut refuser, même si le scénario est minable... C'est la seule raison logique qui aurait pu pousser De Niro, Pfeiffer et Jones à participer à un tel navet.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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