Affiche du film  La drôle de vie de Timothy Green
© Walt Disney Pictures Canada

La drôle de vie de Timothy Green

Version en français
v.o.a. : The Odd Life of Timothy Green
15 août 2012

Les enfants naissent dans les choux

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

The Odd Life of Timothy Green a essayé trop fort; il a tenté d'ancrer un conte dans un univers réel, il a voulu passer des messages de confiance en soi et d'assurance là ou la situation était suffisamment parlante, il s'est acharné à rendre son histoire accessible à tous les publics - quitte à perdre en crédibilité - et a trop souvent fleureté avec le cliché et le lieu commun pour ne pas heurter la loyauté du cinéphile. The Odd Life of Timothy Green s'est évertué à être une chose qu'il n'est pas et a ainsi désobéi à sa propre morale.

L'histoire à l'origine de ce film n'est pas complètement bête; la métaphore du petit garçon qui sort des choux du jardin pour combler un couple qui ne peut avoir d'enfant par voie naturelle est charmante à prime à bord, mais plus le récit se développe et se complexifie, plus il ennuie. On ne sait pas qui est ce petit homme qui semble en connaître bien plus que nous sur ses origines et sa mission. Ce ne serait pas essentiel d'être au fait de ses motivations et de sa vocation si le film n'était pas aussi déterminé à conserver son réalisme. Le long métrage est introduit par un couple en entrevue pour adopter un enfant, ce narrateur présent au sein du récit fantastique crée une distance entre le spectateur et le conte ce qui nuit invariablement à la richesse du monde imaginaire et à la qualité du lien qu'il établit avec le public.

Outre la mauvaise manière de transposer cette histoire au grand écran, le film souffre également de la pauvreté de ses textes. Les dialogues sont généralement convenus et même stéréotypés. D'entendre des phrases inspirées comme : « Si ce petit garçon peut vivre avec des feuilles sur la cheville, nous pouvons créer des crayons à partir de feuilles », ne nous donne guère envie d'entendre la suite. Heureusement que Jennifer Garner et Joel Edgerton livrent une performance honnête dans le rôle de parents malhabiles mais immensément dévoués, parce que, sans leur professionnalisme, l'oeuvre aurait probablement sombré dans l'absurdité la plus complète. Le jeune CJ Adams, malgré sa bouille attachante, manque quant à lui de charisme et d'assurance pour nous faire croire à son personnage surnaturel.

La volonté de Disney de construire ces films familiaux sur la même échelle et prodiguer à chacun d'entre eux une morale indubitable et une finale heureuse, nuit peut-être à certains d'entre eux. The Odd Life of Timothy Green aurait peut-être pu profiter du risque, de l'audace d'une oeuvre pour toute la famille différente, mais comme la maison du Mickey a ses standards et ses exigences, le long métrage ne s'est jamais épanoui. De toute façon, que l'on cherche un coupable toute la journée, cela n'avancera à rien, Timothy Green renferme beaucoup de lacunes et ne réussit jamais à trouver son rythme et son style, et ce, peu importe qui on accuse.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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