Affiche du film  La dernière chasse aux sorcières
© Les Films Séville

La dernière chasse aux sorcières

Version en français
v.o.a. : The Last Witch Hunter
22 octobre 2015

Les sorcières au temps de snapchat

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Je pensais que le pire film que j'avais vu au cinéma dans ma vie était le film de sorcières avec Nicolas Cage (Season of the Witch), et bien c'était avant de voir le film de sorcières avec Vin Diesel! The Last Witch Hunter ne peut même pas s'approprier le titre de « mauvais film », c'est au-delà de ça, c'est une insulte à notre intelligence de cinéphiles, à Hollywood et à ceux qui bûchent pour réaliser des oeuvres pertinentes et audacieuses. The Last Witch Hunter est une abomination, une farce à laquelle je me dois de rire si je ne veux pas en pleurer... Bon, la montée de lait passée, j'essaierai d'être plus éloquente dans mes arguments...

D'abord The Last Witch Hunter raconte l'histoire d'un chasseur de sorcière du 13e siècle du nom de Kaulder qui, en élimant la reine des sorcières, se fait jeter un sort et devient immortel. En 2015, Kaulder est accompagné par un prêtre Dolan de « La hache et de la croix ». Quand le 36e Dolan est assassiné, le chasseur de sorcières part à la recherche des responsables et découvre un complot de ses ennemis afin d'éliminer la race humaine. Et s'en suit une panoplie de combats rocambolesques, de revirements de situations incongrus et d'alliances invraisemblables.

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Déjà, on nous lance dans cette histoire sans une introduction d'usage nécessaire. Cela ne fait pas dix minutes que le film est commencé que déjà nous sommes dans le vif du sujet; il y a entrer rapidement dans l'action et nous y pousser à grands coups de pieds. Ce manque de préliminaires nous donne l'impression de voir la suite d'une histoire dont nous devrions déjà avoir les assises, ce qui n'est pas le cas. 

Le film est truffé de situations abracadabrantes et de voltefaces grotesques. Le personnage fait des déductions qui relève de la comédie : il y a une odeur d'arsenic, donc la personne responsable du crime vit probablement dans un ancien cimetière (?!?) Mais qu'est-ce que cette déduction ridicule. Et, il faut entendre le jeune prêtre (un Elijah Wood qui a déjà vécu des jours plus glorieux) s'exclamer : « Voilà! j'ai piraté la base de données du FBI! » ou le protagoniste précisé dans un sérieux imperturbable et sous une musique angoissante : « Toutes les sorcières les plus puissantes du monde sont rassemblées à un seul endroit : La prison des sorcières » (mais mon Dieu, jamais on n'aurait deviné!) pour comprendre à quel point The Last Witch Hunter fait tourner son public en bourrique.

Le film s'est aussi efforcé d'apporter une touche moderne à son histoire de sorcières vieille de 800 ans. Les sorcières de 2015 envoient donc des textos, discutent sur des forums, sont tenancières de bars clandestins, impriment des Google Maps et utilise des tablettes. Une adjonction qui n'aide en rien la crédibilité de l'oeuvre. La production s'efforce bien d'apporter un humain coquin, mais le résultat est désolant, le même que lorsqu'un grand-père raconte une blague douteuse dans un party de Noël familial et qu'on rit par pitié.

Mis à part quelques effets spéciaux réussis, The Last Witch Hunter est le 90 millions $ le moins bien investi de l'histoire du cinéma (OK, j'exagère, mais il se retrouve certainement dans le top 20).

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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