Affiche du film  La dernière chanson
© Walt Disney Pictures Canada

La dernière chanson

Version en français
v.o.a. : The Last Song
31 mars 2010

La même rengaine

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

À l'image de ces histoires romantiques (supposément) touchantes et bouleversantes - telles Une promenade inoubliable ou, plus récemment, Dear John - La dernière chanson tente désespérément de tirer des larmes aux spectateurs en pleurnichant sur les tourments que vivent ses protagonistes. Pour qu'un long métrage ébranle son auditoire, pour qu'il devienne un souvenir saillant - et pas seulement une banale distraction -, il ne lui suffit pas d'être un « beau p'tit film », il doit avoir du coeur, une âme, un esprit de soulèvement, ce que tristement le drame de Julie Anne Robinson ne possède guère. Il engendre, certes, à certains endroits, des questionnements sur ces enfants du divorce, sur les effets psychologiques d'une rupture, mais ces réflexions pertinentes sont vite assourdies par un refrain bien trop familier.

Ronnie Miller est une adolescente rebelle vivant à New York. Depuis le divorce de ses parents, elle a refusé de toucher à son piano, qui était jadis un moment privilégié qu'elle partageait avec son père. Forcée par sa mère à aller passer l'été avec son paternel dans une maison au bord de la plage, elle s'amourache d'un beau jeune homme joueur de volleyball. Malgré leurs différences et leurs origines discordantes, les deux amoureux tenteront de comprendre l'existence et de relever les défis qu'elle ose mettre sur leur route.

Truffé de creuses complaintes et de drames improbables, le film se plaint allégrement sans raison valable. L'adolescence est une période de choix, de changement, d'affrontement, c'est une étape exigeante - en règle générale - qui ne nécessite aucun bouleversement supplémentaire pour paraître plausible. Les personnages ont des traits de personnalité très riches et approfondis qui sont bienvenus dans un livre, mais qui alourdissent en vain un récit filmique. La personnalité de chacun devrait être percevable dans l'image, inutile de s'exaspérer indéfiniment sur un mariage raté ou sur une famille richissime qui doit faire face à la mort d'un proche, il suffirait de raconter la simplicité et la véracité d'une destinée. Que l'héroïne soit végétarienne, rebelle, écologiste, anarchiste, musicienne, chanteuse et intelligente, ce sont des informations superflues si elles sont futiles au déroulement de l'histoire.

Miley Cyrus donne une performance bien plus honnête que celle de son partenaire Liam Hemsworth, froid et souvent inexpressif. Le jeune acteur Bobby Coleman, même s'il n'est pas toujours juste dans son jeu ou à l'aise avec la trame d'émotions qu'il doit incarner, parvient tout de même à émouvoir le spectateur par ses manières candides et sa gestuelle spontanée.

Tous les clichés qui font frémir de dégoût les critiques et les cinéphiles se manifestent à un moment ou à un autre : la bataille espiègle dans l'eau ou dans la boue entre les amoureux, les citations d'un auteur célèbre pour attester l'intelligence des héros, les déclarations lyriques sous le gazébo, la personnalité singulière des protagonistes, et j'en passe.

La dernière chanson, adapté d'un autre livre de Nicholas Sparks, ne parvient guère à se différencier des productions précédentes. Toujours cette âme en peine, ces conclusions tristes, mais encourageantes et ces textes trop lourds et détaillés pour le grand écran. En attendant The Lucky One et True Believer (d'autres bouquins de Sparks qui subiront le traitement hollywoodien), on peut se contenter de voir ou revoir Les pages de notre amour, question de justifier cinématographiquement le talent de l'auteur américain.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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