Affiche du film  La dame en or
© Les Films Séville

La dame en or

Version en français
v.o.a. : The Woman in Gold
1 avril 2015

Cause toujours

Photo Par Martin Gignac

George Clooney sera jaloux. The Woman in Gold représente ce qu'aurait pu être son inabouti The Monuments Men. Pas un film révolutionnaire sur les conséquences des oeuvres d'art ravies par les nazis, mais un long métrage généralement acceptable sur la nécessité de garder la mémoire vivante.

Un peu comme il l'avait fait avec son précédent My Week With Marilyn, le cinéaste Simon Curtis dévoile à travers ce fait véridique l'inimité derrière l'Histoire. Celle d'une femme âgée (Helen Mirren) qui embauche un avocat (Ryan Reynolds) pour convaincre les institutions autrichiennes de lui redonner les peintures de Klimt qui ont appartenu à sa famille et qui ont été dérobées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sans crier gare, le passé se juxtapose au présent, avec ces fantômes qui semblent errer partout. Si ce procédé n'est pas nouveau, il permet de vitaminer deux récits qui auraient manqué de gaz avant la fin: cette quête d'une justice qui va se rendre jusqu'au procès et l'implosion de Vienne pendant la guerre avec la scission de sa population juive.

Sans étonner outre mesure, la progression ne manque pas de finesse et de fluidité. Le réalisateur a bien fait ses classes, tentant d'insuffler un peu de cinéma à ce téléfilm de luxe à l'aide d'un montage alerte et d'une musique particulièrement expressive de Martin Phipps et Hans Zimmer. Son style s'apparente toutefois beaucoup à celui de son compatriote anglais Stephen Daldry (The Hours, The Reader), sans sa maîtrise formelle.

Le scénario qui peut évoquer le documentaire The Rape of Europa agit en tant que baume sur le passé. C'est primordial de se rappeler de notre Histoire et de la transmettre en l'expliquant aux jeunes générations. Un message qui est un peu trop martelé, sans pour autant qu'il nuise à l'intérêt que l'on porte à cette production. Le drame n'est pas trop lourd, il y a des touches d'humour qui font du bien, des discours inspirants, quelques séquences de tension opérationnelles (même si la vie de l'héroïne n'est jamais vraiment en jeu pendant la guerre... car c'est elle que l'on suit dans le présent) et si l'ombre de cette main qui manipule pour nous faire pleurer est palpable, on finit par l'oublier.

C'est possible grâce au jeu précis et attachant d'Helen Mirren. Son accent a beau être instable, l'actrice offre une autre prestation impeccable. Elle permet à Ryan Reynolds d'être juste et de continuer à fonder tous les espoirs que l'on a en lui: après les mésestimés Buried, The Captive et The Voices, il a tout le potentiel pour devenir le prochain Kevin Costner. Dommage qu'il soit affublé de Katie Holmes comme partenaire, ce qui n'offre pas le couple le plus crédible. Peu présent à l'écran, Daniel Brühl peine à laisser sa marque.

Évidemment, il est impossible d'oublier la cause derrière The Woman in Gold: le pouvoir de la mémoire comme fondation de l'existence. Elle est importante, nécessaire même. Pour une fois, elle n'éclipse pas le cinéma qui, sans être à son pinacle, s'offre un drame de qualité, hollywoodien dans le bons sens du terme.

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Photo Martin Gignac

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