Affiche du film La dame de l'eau
© Warner Bros. Canada

La dame de l'eau

Version en français
v.o.a. : Lady in the Water
22 juillet 2006

Pétard mouillé

Photo Par Karl Filion
M. Night Shyamalan a réalisé, depuis 1999, certains des films les plus excitants, intelligents, surprenants et efficaces des dernières années. Sauf qu'avec La dame de l'eau, il réalise la déception de l'année. Un film fade et sans saveur qui se perd dans sa propre fantaisie. Un film sans artifice.

M. Night Shyamalan est responsable du très marquant Sixième sens, du très intelligent L'indestructible, du très sous-estimé Le village... et maintenant, du très mauvais La dame de l'eau, une fantaisie plus farfelue que fantaisiste, beaucoup trop longue et franchement fade.

Cleveland Heep est concierge dans un édifice d'habitation de Philadelphie. Un soir, il croit voir de l'agitation dans la piscine de l'immeuble. C'est qu'une jeune femme y habite, une jeune femme qui a une mission très spéciale. Elle droit rencontrer un écrivain et rentrer chez elle, sur les ailes d'un aigle géant sensé venir la chercher. Sauf qu'un scrunt, un loup couvert d'herbe, veut s'assurer qu'elle n'accomplisse pas sa mission.

Déjà l'introduction donne un avant-goût du ton enfantin du film. Et cela na s'améliore guère lorsque Shyamalan utilise de nombreux « raccourcis » scénaristiques (lire : des incohérences) pour expliquer ou pour faire vivre des moments plus intenses. On n'a qu'à penser à cette nymphe qui parle, parfois, mais qui se borne à ne rien dire, d'autres fois. À cette mauvaise idée d'aller affronter un scrunt avec un walkie-talkie plutôt que de parler de stratégie avant de sortir, à cette histoire farfelue de « tu ne peux pas regarder » pour qu'un drame puisse se produire.

Bryce Dallas Howard incarne d'ailleurs une ingénue trempée, qui vit dans l'eau - probablement nue - mais qui apparaît habillée. On se doute bien que ces petits détails sont délibérés et qu'ils permettent de rendre le film plus accessible aux enfants, comme toutes les scènes de violences et les blessures dérisoires que subit la nymphe, mais c'est justement parce qu'on le sent que l'intérêt va en décroissant. On décroche.

Ce n'est pas incohérent parce qu'un aigle géant doit venir chercher une nymphe des mers, ou parce qu'un loup couvert d'herbe tente de l'assassiner, non, cette partie de l'imaginaire de Shyamalan est bien installée et plausible, c'est incohérent parce qu'à l'intérieur même de son histoire, Shyamalan a dû faire du remplissage, trouver de nouvelles voies à explorer pour allonger son histoire, et ça aussi on le sent.

D'autant que sa réalisation à proprement parler est beaucoup moins inspirée également, ses plans moins créatifs, ses flous moins révélateurs et même parfois agaçants. Les personnages sont d'énormes clichés et, même si on sent bien que Shyamalan est en conscient, ils ne sont pas plus intéressant pour autant.

Les acteurs sont pourtant efficaces, Shyamalan lui-même est bon, Giamatti aussi efficace quà son habitude et la distribution de soutien est talentueuse. Pas de problème à ce niveau-là.

En court-métrage, on aurait sans doute apprécié, parce qu'on n'aurait pas l'impression de s'être fait avoir par un cinéaste qu'on sait capable de créer des ambiances et des émotions. Cette histoire qu'il raconte à ses filles avant qu'elle s'endorment est sans doute plus intéressante ainsi : il ne prend sans doute pas deux heures pour la raconter. En plus un court-métrage, on aurait perdu moins de temps à le regarder.
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Photo Karl Filion

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