Affiche du film La course vers la montagne ensorcelée
© Buena VIsta Canada

La course vers la montagne ensorcelée

Version en français
v.o.a. : Race to Witch Mountain
12 mars 2009

Jouer à l'enfant

Photo Par Karl Filion
Probablement le film le plus insultant et imbécile de l'année 2009. Suite de coïncidences ridicules, de pouvoirs intermittents, de stéréotypes, d'effets spéciaux ratés et d'imbécillité pure, on attend toujours l'injonction qui interdira ces ridiculeries qui insultent le cinéma, les spectateurs et même le popcorn.

Par un concours de coïncidences toutes plus absurdes les unes que les autres, Jack Bruno, chauffeur de taxi de Las Vegas, se retrouve avec deux extra-terrestres qui ont l'air de deux enfants dans sa voiture. Lui brandissant 15 000 $, ils lui demandent de les conduire en plein désert, tout ça pendant que Bruno a des problèmes avec son mafieux d'ancien employeur, que les enfants sont poursuivis par un agent fédéral qui fait du zèle et un extra-terrestre venu les éliminer.

Dès le générique, le ton est donné. Et il y a une différence entre « enfantin » et « puérile », quoi qu'on puisse en penser, et ce n'est pas parce qu'on s'adresse à des enfants qu'il faut nécessairement tout se permettre. La course vers la montagne ensorcelée s'en permet beaucoup, d'une invraisemblance à l'autre, d'une simplification excessive à l'autre. Bien sûr, les enfants seront peut-être fascinés par cette empilade de décisions douteuses qui servent à augmenter un peu le tempo du film, mais ce n'est pas un cadeau à leur faire que de leur proposer ces raccourcis frustrants et ces morales à deux sous. Au nom du divertissement? En voilà un de piètre qualité avec des effets spéciaux risibles qui est tout juste digne d'une éventuel manège dans un parc de Disney.

Dwayne Johnson a au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux, ce qui lui permet quelques bons moments, rien cependant pour lui refaire une crédibilité, surtout lorsqu'il peut battre à mains nues tout un bataillon de l'armée. Son adversaire principal, un agent fédéral incarné par Ciaran Hinds, raconte un peu n'importe quoi en sortant son fusil à tout instant (ah oui et en passant : quel espèce d'imbécile de propriétaire de restaurant va aller barrer de l'extérieur une trappe sur le toit? Et pendant que j'y pense, quel gouvernement américain imbécile va bâtir une base ultra-secrète avec 627 bouches de ventilations assez grandes pour entrer et pas de système d'alarme?). Le principal talent de cet agent spécial, c'est d'avoir l'air sérieux et d'arriver juste au bon moment pour qu'on ait eu le temps de convaincre quelqu'un qu'on a raison mais sans pouvoir tout lui expliquer (ce qui devient assez redondant). Les jeunes comédiens, Annasophia Robb et Alexander Ludwig, ne sont certainement pas assez rafraîchissants pour qu'on leur prédise une grande carrière. Disons qu'ils étaient tous les deux plus allumés dans Charlie et la chocolaterie, pour la première, et dans Le chercheur : À l'assaut des ténèbres pour le second.

La course vers la montagne ensorcelée présuppose que les enfants laissent passer n'importe quoi, pour autant qu'on leur présente un chien mignon et des modèles parentaux. C'est les mépriser, les sous-estimer, et ce n'est vraiment pas la stratégie à adopter pour les intéresser à un cinéma de qualité. Bien sûr qu'ils vont aimer, les enfants aiment tout. Mais franchement, ce film ne vaut rien. Ce n'est pas péché ou interdit de l'aimer, c'est pas ça, juste qu'il faut être mis au courant de la véritable valeur cinématographique de cette piquûre de stéroïdes qui aurait dû se dédier entièrement à la comédie. Là, on se serait amusé.

Ah! et pour ceux que ça inquiète : le conducteur du train a été cogné un peu, mais il est vivant. Sa femme l'aime, ses enfants ont de meilleurs résultats scolaires et le cancer de sa mère est en rémission depuis l'accident. Franchement!
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Photo Karl Filion

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