Affiche du film  La coloc
© Sony Pictures

La coloc

Version en français
v.o.a. : The Roommate
4 février 2011

Le grand retour de Billy Zane

Photo Par Karl Filion

Dire que The Roommate est un mauvais film ne serait pas tout à fait exact : c'est mauvais, oui, mais l'équivoque n'est pas là. Est-ce que ce « film » est seulement un « film »? C'est plutôt une suite d'images, avec de belles personnes dedans ou une répétition maladroite de certains clichés (la scène dans la douche, bof, c'est un peu déjà vu). Comme quoi, il semble bien que de mettre plein de jolies filles ensemble (dans un film 13 ans et +, à tout le moins) n'est pas un gage de succès suffisant pour parler de cinéma.

À son arrivée à l'Université de Los Angeles, Sara Matthews, qui étudie le design de mode, appréhende sa rencontre avec sa colocataire. Cette dernière, Rebecca, s'avère être une jeune fille chaleureuse et particulièrement amicale. Mais au fil des semaines, elle se révèle être dangereusement possessive, et commence à effrayer Sara et ses amis, dont Tracy et son nouveau petit ami, Stephen.

En plus d'être affreusement répétitif, The Roommate est confronté à un problème dramatique de taille (qui s'avère insurmontable) : personne ne peut mourir sur le campus, sinon la police s'en mêlerait, et l'histoire prendrait une toute autre tournure (et gagnerait en complexité). Que faire alors? On peut : arracher les boucles de nombrils, fermer les lumières dans la salle de bain, faire chanter des professeurs, porter le collier de la soeur morte de sa coloc, l'attendre toute la nuit, dessiner des portraits d'elle, froncer les sourcils devant son chum, etc. Voilà qui donne une idée du niveau de ce « film ».

Les comédiennes peuvent bien se démener tant qu'elles veulent, cela ne change rien au fond : voilà un film d'horreur sans meurtres et un suspense sans suspense. Aucun personnage n'est véritablement crédible (elles ne dorment jamais, bon sang!), et les actrices qui les incarnent semblent être au courant. De toute façon, on ne leur demande que de subir les revirements prévisibles du scénario. Dans cet univers, suffit d'être bien habillé pour convaincre.

Tout le reste était attendu : une musique envahissante, des quiproquos, des sursauts forcés et des invraisemblances qui sauvent le récit qui s'enliserait sinon. Jusqu'à la finale... The Roomate tourne longuement autour du pot alors qu'on avait compris depuis longtemps que l'on ne verrait pas ici l'innovation tant attendue : les gentils méritent d'être heureux, et tout finira bien pour eux.

Mais puisque The Roommate n'est pas véritablement un « film », au sens où le cinéma l'entend, on est en droit de se demander ce qu'est cet objet. C'est peut-être une blague, un pari perdu, ou un moyen d'aller chercher l'argent des ados. C'est peut-être aussi le nouveau moyen qu'aura trouvé l'Amérique pour démoniser l'homosexualité féminine; on voit bien ce qui arrive aux filles qui deviennent trop complices. Et que ce soit le cas ou non, on pouvait très bien s'en passer.

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Photo Karl Filion

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