Affiche du film  La banque gagne toujours
© 20th Century Fox

La banque gagne toujours

Version en français
v.o.a. : Runner Runner
4 octobre 2013

Le public ne gagne pas toujours

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'univers du jeu en ligne était peut-être une avenue intéressante; des gangsters, des paradis fiscaux, du luxe à satiété, des femmes, de la corruption... mais Runner Runner n'arrive jamais à prouver que le sujet avait un véritable potentiel. Comme ces éléments d'excès ont été maintes et maintes fois exploités au sein du cinéma hollywoodien, le cinéphile a aujourd'hui besoin de plus que la simple exposition de ces derniers et d'un jeune homme ambitieux qui finit par être dévoré par le système; le cinéphile a besoin de plus que ça...

Nombre sont les choses qui clochent dans Runner Runner. D'abord, le protagoniste. J'aime l'acteur qu'est Justin Timberlake, en grande partie en raison de son interprétation incroyable de Sean Parker dans The Social Network. Mais, ici, il ne convainc personne. Le problème ne provient pas nécessairement de l'interprétation (qui est quand même acceptable), mais plutôt de la construction du personnage. On ne prend que quelques minutes pour échafauder les caractéristiques du protagoniste, on nous catapulte dans une histoire sans prendre le temps d'établir les balises nécessaire pour entretenir notre intérêt. Timberlake est à la fois trop jeune et trop vieux pour personnifier ce Richie Furst; trop vieux pour se faire entourlouper de manière si prévisible par un escroc au sourire enjôleur et trop jeune pour assumer le passé de financier à Wall Street qu'il prétend avoir. 

Les motivations du personnage sont aussi très peu crédibles. Il joue en ligne pour payer ses études, parce qu'elles sont importantes à ses yeux, parce qu'elle représente tout, mais lorsqu'il se rend au Costa Rica pour confronter celui qu'il croit l'avoir fraudé, il abandonne sans problèmes ses ambitions académiques pour de fausses promesses et le sable d'un pays corrompu. La vraisemblance n'est - évidemment - pas ce que l'on recherche le plus dans un film comme celui-ci, mais un minimum de cohérence pourrait bien empêcher le public de croire qu'on l'embobine.

Ben Affleck s'en tire légèrement mieux à l'écran, mais c'est bien parce que Timberlake est si peu crédible dans son rôle que le prochain interprète de Batman évite le précipice de l'incohérence.

De manière plus générale, le scénario est aussi mal structuré. Des passages, comme l'introduction, auraient pu être plus étoffés alors que d'autres, comme toutes les scènes avec Gemma Arterton, auraient pu être simplement retirées. Malgré tout ça, le suspense n'est pas l'un des pires films de l'année, même qu'à certains moments, il est angoissant et intrigant (de brefs moments quand même). Runner Runner a des ambitions semblables à Paranoia, paru plus tôt cette année, et a autant de difficultés à les atteindre que le film de Robert Luketic.

Runner Runner est un film brouillon. Un film qu'on semble avoir fait à la hâte, sans aucun intérêt artistique, si ce n'est que celui d'un rendu présentable, ni même d'intentions de cohérence, si ce n'est que celle d'une histoire chronologique.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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