Affiche du film  L'université des monstres
© Walt Disney Pictures Canada

L'université des monstres

Version en français
v.o.a. : Monsters University
19 juin 2013

Faire ses classes

Photo Par Karl Filion

Lorsque Monsters, Inc. a pris l'affiche, en 2001, Pixar révolutionnait l'animation et l'art de raconter à chaque nouveau film. Ont suivi Finding Nemo, The Incredibles, Cars, Ratatouille, Wall-E (mon préféré), Up et le sublime Toy Story 3, tous des nouveaux jalons dans l'histoire - relativement jeune - du cinéma d'animation hollywoodien. Malgré leurs sujets éclectiques, ces films avaient tous une profondeur narrative qui les élevait au-delà des simples « films pour enfants », avec ce que cela sous-entend de maturité thématique. À tel point que bien des adultes en tiraient autant - sinon plus - de plaisir que leurs enfants.

Cela ne risque malheureusement pas d'arriver avec Monsters University. Si on ne peut pas parler d'un échec - la qualité de l'animation est au rendez-vous, contrairement au 3D qui est, encore une fois, complètement inutile - il faut constater la simplicité thématique et narrative du film, ainsi que son peu d'ambition. Il y a des couleurs et des blagues qui risquent de faire sourire les enfants, mais également des longueurs qui risquent de les assommer, ainsi que leurs parents. Le récit, trop long, ne semble jamais être en mesure de cerner ce qui lui importe vraiment. Dans ce domaine, et pour ce public en particulier, la simplicité fait souvent foi de tout; malheureusement, Monsters University est souvent confus.

Dédié presque entièrement aux gags « physiques » (tomber, se cogner la tête, se faire prendre, être maladroit, gêné, etc.), l'humour tourne rapidement en rond, et l'histoire, qui n'atteint jamais sa vitesse de croisière, n'en finit plus de finir avec des revirements aussi inutiles que didactiques. D'autant que dans le genre « college comedy », les clichés sont nombreux (en particulier les « nerds » pas d'amis...) et qu'ils sont tous au rendez-vous.

Alors que Monsters, Inc. invoquait des thèmes délicats en retournant une situation bien connue des enfants (ce sont les monstres dans le placard qui étaient effrayés à la vu d'enfants « toxiques »), Monsters University ne se consacre qu'à des thèmes archi-connus de travail d'équipe, de dépassement de soi et d'amitié. Les enfants en tireront peut-être beaucoup (et que des bonnes choses), mais rien qu'ils n'ont pas déjà vu dans un autre film. L'originalité est pratiquement absente.

La qualité de l'animation - solide mais pas révolutionnaire - ainsi que la présence d'acteurs de talent compétents mais peu inspirés (Billy Crystal, John Goodman et Helen Mirren dans la version originale) vont dans le même sens : un travail honnête par des gens honnêtes qui ont déjà démontré plus de créativité et de passion dans d'autres projets. Cela transparaît directement à l'écran.

Le défaut de Monsters University est-il simplement d'être un film mineur au sein d'une filmographie jalonnée de longs métrages exceptionnels? Ce serait un bien moindre mal, mais malheureusement, ce n'est pas le cas. Monsters University est un long métrage décevant qui n'attisera pas les passions. Cela ne veut pas dire qu'il ne sera pas une expérience agréable, seulement qu'on l'oubliera vite...

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Photo Karl Filion

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