Affiche du film  Corpse Bride
© Warner Bros. Canada

L'oeuvre de Tim Burton : La mariée cadavérique

Version en français
v.o.a. : Corpse Bride
20 septembre 2005

Ils moururent heureux...

Photo Par Karl Filion
L'animation est saisissante, l'histoire intéressante, la musique bien intégrée…l'expérience est convaincante.

Le réalisateur Tim Burton renoue avec la technique d'animation dite « stop-motion » pour présenter La mariée cadavérique, un film qui ressemble évidemment beaucoup de par son ambiance glauque et ses personnages à L'étrange Noël de Monsieur Jack, aussi de Burton. Le réalisateur refait aussi équipe avec son compositeur favori, Danny Elfman, pour écrire les chansons de ce tout nouveau film d'animation qui n'a rien à envier aux animations par ordinateur de ce monde.

Victor Van Dort, un jeune homme maladroit et timide, va se marier demain à Victoria Everglot. Un mariage arrangé, les deux ne se sont jamais rencontrés. Pourtant, dès qu'ils se croisent, c'est le coup de foudre. Pour s'exercer avant le mariage, Victor passe l'anneau à ce qu'il croyait être une branche morte. Sauf que c'est plutôt une vraie morte, qui s'empressera de prendre Victor comme mari…jusqu'à ce que la mort les sépare.

Le film, un véritable délice visuel, a toute la fantaisie attendue de Tim Burton. Il semble peu probable qu'il ne déçoive ses fans avec cette histoire d'amour sinistre. D'autant que les squelettes chantants, les cadavres en décomposition et leur sens de la répartie plairont très certainement. Les jeux de mots sont bien dispersés et souvent très efficaces (au moins en version originale anglaise) et servent à détendre l'atmosphère plus complexe qu'il n'y semble de La mariée cadavérique.

Visuellement, donc, le film est plus que convaincant. Les personnages sont colorés, merveilleusement animés et l'ambiance qui se dégage des décors est rigoureuse. Et quand ils chantent, ils amusent, ils étonnent. L'éclairage, en particulier, séduit. Les scènes au clair de lune ou à la lueur d'une chandelle sont magnifiques, elles ajoutent beaucoup à l'ambiance lugubre du film.

Les personnages sont, bien sûr, des clichés éhontés. C'est là-dessus, en fait, que se base l'humour de La mariée cadavérique : la caractérisation. Les parents conservateurs, le méchant prétentieux, le jeune homme maladroit; tous servent d'une façon ou d'une autre à l'histoire, et permettent quelques bonnes blagues au passage. Pour cette raison, La mariée cadavérique risque de plaire un peu plus aux enfants qu'à leurs parents, s'ils n'ont pas peur évidemment. Sans négliger cependant les nombreuses références à des classiques du cinéma, comme Autant en emporte le vent tout particulièrement, qui plairont aux spectateurs plus vieux.

Les acteurs donnent vie à ces personnages, Johnny Depp est fidèle à lui-même, c'est-à-dire pertinent, tandis qu'Emily Watson crée une belle surprise et qu'Helena Bonham Carter prend le contrôle de la plupart des séquences l'impliquant. Christopher Lee sonne aussi particulièrement juste.

La mariée cadavérique est créatif dans sa réalisation et ses couleurs, et entraînant en chanson. Il plaira certainement au fans de la première heure, mais risque aussi de plaire au passage à de nouveaux cinéphiles, séduits par la puissance dramatique d'un film si inoffensif en apparence. Flamboyant malgré tout, le dernier « conte de fées » de Tim Burton n'a pas de grande innovation, il reste très près des thèmes chers au réalisateur. Mais ces thèmes, ainsi traités, n'ont certes pas fini de plaire.
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Photo Karl Filion

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