Affiche du film L'illusionniste
© Alliance Atlantis Vivafilm

L'illusionniste

Version en français
v.o.a. : The Illusionist
17 août 2006

Enchantement et imposture

Photo Par Karl Filion
Une belle histoire au sens le plus romantique du terme, avec toute la passion et le mystère qu'il faut, mais qui souffre de nombreuses et très accablantes faiblesses de réalisation. Heureusement que la distribution s'avère à la hauteur.

Le cinéaste Neil Burger présente un deuxième film - qu'il scénarise aussi - qui met en vedette certains des acteurs les plus populaires et respectés actuellement, Edward Norton - qui, depuis Fight Club, a toute la liberté de choisir ses projets - et Paul Giamatti, à qui la constance et sa performance dans Cinderella Man ont valu un élan passionné de sympathie. Heureusement que ces deux-là sont là pour rattraper les quelques faux-pas du réalisateur. Et Jessica Biel.

À Vienne, le magicien Eisenheim présente avec succès son spectacle d'illusions de toutes sortes. Si bien qu'il attire bientôt l'attention de l'inspecteur en chef et du futur empereur, qui souhaite voir son spectacle. La fiancée du prince est désignée pour monter sur scène et participer au spectacle, et Eisenheim reconnaît immédiatement son amour de jeunesse, Sophie. Même si elle ne le reconnaît pas tout de suite, leur passion est toujours bien présente, et les deux vont bientôt tenter de s'enfuir ensemble.

Burger décide donc de couvrir son histoire d'un voile de mystère, qui se traduit visuellement par un sfumato presque constant, quelques éclairages à la chandelle et beaucoup de cachettes. Très efficace pour maintenir l'illusion, particulièrement vers la finale. Burger, à qui on lèvera notre chapeau avec un lapin dedans pour l'effort et l'audace, s'applique à rendre la plupart des tours crédibles ou, du moins, plausibles pour l'esprit. Et après les avoir rendus surréels, il pousse une explication sommaire, juste pour garder suffisamment de mystère. Voilà qui nourrit l'intérêt.

Edward Norton joue avec beaucoup d'efficacité le magicien Eisenheim. Il est intense tout en semblant désintéressé, on pourrait lui reprocher une certaine morosité pendant les scènes d'amour, parce que L'illusionniste est d'abord un film romantique, mais certainement pas de manquer de crédibilité. Giamatti, en chef de police, est aussi très efficace, déchiré entre la curiosité et le devoir. Et puis il y a Jessica Biel, à demi passionnée, pas toujours convaincante. Le maillon faible, mais encore là, pas si faible, d'une distribution qui, bien qu'inégale, rend le mystère mystérieux et l'amour amoureux.

Un film romantique, avec l'habituel triangle amoureux, mais qui a un petit quelque chose d'intriguant et de rafraîchissant.

Si on tente par tous les moyens de percer le mystère d'un tour de magie en défiant notre cerveau, il ne faudrait pas soumettre L'illusionniste au test. C'est plus impressionnant comme ça, évidemment, et c'est bien plus agréable de croire simplement. D'autant qu'il s'agit ici de l'illusion du cinéma, et qu'il ne faudrait pas la briser. Et puis parce que malgré les explications techniques de la fin, on se demande encore comment volent les papillons.
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Photo Karl Filion

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