Affiche du film  The Island
© Warner Bros. Canada

L'île

Version en français
v.o.a. : The Island
22 juillet 2005

Les joyeux naufragés

Photo Par Karl Filion
Un mélange adroit de testostérone et d'adrénaline qui deviendra possiblement le film le plus enlevant de la saison. Ne manque qu'un peu plus d'humour pour en faire le film d'été par excellence. Sinon, le voyage est prenant malgré quelques défauts mineurs.

Le réalisateur Michael Bay, célèbre pour son insupportable Pearl Harbor – à sa défense, il est aussi responsable d'Armageddon et de The Rock – se sépare du producteur Jerry Bruckheimer pour la première fois pour présenter à son public un film de science-fiction aux multiples influences, de The Matrix à Brave New World, qui, après une première partie déstabilisante, devient une efficace, mais simple, chasse au clone. Un film d'été explosif, certes, mais la réalisation étonnante, les acteurs convaincus et un rythme effréné rendent le voyage extrêmement pertinent. Question de satisfaire les attentes, Bay sait s'y prendre.

Aucun doute que les admirateurs du style de Michael Bay en auront ici pour leur argent, L'île est un film à l'image de la filmographie du réalisateur, bourré d'explosions, de poursuites en voitures et de retentissants accidents. Bay est donc fidèle à sa réputation mais semble vouloir s'élever à un niveau supérieur en insérant dans son film des tentatives de critique sociale - le clonage est un sujet particulièrement épineux - en travaillant notamment l'opposition chromatique de son univers futuriste, donc aseptisé, en s'assurant que les prétextes à ces fameuses scènes d'action soient convaincants, d'autant qu'elles sont particulièrement bien filmées, ces scènes. Au-delà du revirement scénaristique majeur, qui ne viendra jamais, le film sait captiver malgré – ou à cause de – son traitement particulièrement américanisé.

La réalisation de Michael Bay devient donc la plus belle surprise du film; les plans sont vifs, féroces et surprenants, Bay ajoute de la créativité à son savoir-faire technique et impressionne, d'autant que le montage, très important dans ce type de film, est spécialement efficace et toujours saisissant. Bay sait éviter plusieurs conventions du genre pour présenter un film qui capte l'attention, un film ingénieux et extrêmement approprié pour l'été.

Les deux interprètes principaux, Ewan McGregor et Scarlett Johansson, se servent de leur talent pour ajouter de la crédibilité aux scènes. Johansson séduit d'avance, McGregor suit candidement l'action, s'implique suffisamment pour être convaincant, et les deux se permettent même de s'échanger quelques savoureuses répliques qui détendent l'atmosphère.

Tout n'est pas parfait à L'île cependant, plusieurs agaçants et peu subtils placements de produit viennent gâcher un peu du plaisir, comme quelques « trous » scénaristiques - des raccourcis, pour être poli – et plusieurs anachronismes (des voitures hors de leur temps, par exemple). Rien pour s'emporter, mais les plus minutieux cinéphiles remarqueront ces défauts bien regrettables. Les dialogues manquent également parfois de conviction et les voitures éclatent un peu trop rapidement, mais l'ensemble de l'aventure est plus que satisfaisant d'autant que ces défauts sont absolument prévisibles. On les espérait presque.

Au final, après une première partie fascinante et particulièrement créative aux saveurs futuristes, un délice de science-fiction qui se complique à mesure, L'île glisse tranquillement vers une deuxième partie un peu moins impressionnante, plus explosive, mais qui heureusement ne gâche pas l'ensemble de l'expérience parce que Bay conserve la créativité qui le menait, que les acteurs partagent leur confiance et que le scénario sait se révéler tranquillement. Le voyage est toujours très agréable pour peu que l'on convienne de se laisser emporter dans l'aventure qui mène à L'île. L'expérience est si satisfaisante, en fait, qu'on s'y perdrait volontiers.
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Photo Karl Filion

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