Affiche du film  L'extraordinaire Spider-Man
© Sony Pictures

L'extraordinaire Spider-Man

Version en français
v.o.a. : The Amazing Spider-Man
3 juillet 2012

Pareil mais très différent

Photo Par Karl Filion

À peine dix ans après la proposition de Sam Raimi, voilà que Marc Webb s'intéresse lui aussi à Spider-Man. Pourquoi refaire un film sur le même personnage à peine dix ans après un premier film sur les mêmes débuts du même super-héros? Parce que les publics changent, bien sûr, et que les jeunes de 12 ans qui iront voir ce film au cinéma cette fin de semaine n'ont peut-être pas vu le premier film. Mais il ne faudrait pas oublier qu'il s'est passé quelque chose de marquant depuis 2002 dans le monde des super-héros : Batman Begins et The Dark Knight. The Amazing Spider-Man est une nouvelle preuve, comme l'était d'ailleurs The Incredible Hulk, qu'on ne fait plus les films de super-héros de la même manière.

Réalisme, obligations du quotidien, famille, identité secrète, invulnérabilité; tous ces thèmes ne sont plus ce qu'ils étaient. L'autodérision et l'humour viennent s'ajouter aux thématiques du héros d'abnégation et de sacrifice et ils s'intègrent particulièrement bien ici. The Amazing Spider-Man est un film jeune, dynamique, et assez réussi considérant qu'il s'adresse à un public jeune - justement -, beaucoup plus que celui de Spider-Man, qui s'adressait à un public de geeks. La nuance est importante et elle est à la base de l'échec incommensurable de Spider-Man 3; un cas typique d'incompréhension des attentes du public. The Amazing Spider-Man est un film aussi adolescent que ses éventuels spectateurs puisqu'il essaie de faire les choses différemment : pas de Mary-Jane, pas de Norman Osborn (pour l'instant), et quelques détails et circonstances qui viennent modifier un peu le récit que l'on connaît. Cela permet de créer quelques surprises et de ne pas simplement raconter la même histoire une seconde fois.

On peut découvrir les revirements du récit au fur et à mesure même si on a une bonne idée de ce qui doit se passer. On découvre en même temps les (nouveaux) personnages, qui sont eux aussi juste assez différents pour demeurer intéressants. Peter Parker est moins le stéréotype de la victime d'intimidation qu'il était et il devient même un adolescent crédible (dans les limites du possible au cinéma), tandis que son amourette avec Gwen Stacy (la délicieuse Emma Stone) est elle aussi modernisée (et charmante).

Ce qui nous amène à Andrew Garfield; le co-fondateur de Facebook est particulièrement efficace et attachant dans le rôle central; malgré son âge (28 ans) il est plus « ado » que ne l'était Tobey Maguire. Il est aussi apparemment plus impliqué émotivement et parvient même à être plus drôle. Cela dit, c'est un personnage différent dans un film différent, alors impossible de les comparer davantage.

Tout n'est pas parfait et des détails agacent : le scénario utilise plusieurs raccourcis simplistes (dont un impliquant un appareil-photo) qui sont particulièrement bébêtes; le film a quelques longueurs; la technologie IMAX 3D, particulièrement susceptible, peine parfois à rendre la profondeur de champ et le simple fait que je n'aie pas encore abordé le sujet du vilain démontre à quel point il est anodin. Cependant, The Amazing Spider-Man est un film de super-héros tout à fait respectable, amusant et divertissant. Ce n'est pas à votre humble serviteur de déterminer s'il était nécessaire, d'autant que c'est une fausse question : quels films hollywoodiens sont vraiment nécessaires?

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Photo Karl Filion

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