Affiche du film  L'extraordinaire Spider-Man 2
© Sony Pictures

L'extraordinaire Spider-Man 2

Version en français
v.o.a. : The Amazing Spider-Man 2
1 mai 2014

Le schtroumpf électrique

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Nous n'irons pas par quatre chemins, visuellement The Amazing Spider-Man 2 est incroyable, irréprochable, probablement l'un des films de super-héros les plus impressionnants jusqu'à présent. Généralement, il y a toujours un petit quelque chose qui cloche; un écran vert mal masqué au montage, des personnages à la démarche étrange, des flous injustifiés, mais ici (hormis peut-être un abus de ralenti et d'arrêts sur image), le long métrage est visuellement impeccable. Il n'y a pas eu de méchants avec autant de gueule qu'Electro dans les dernières années. Le problème, par contre, avec ce vilain, c'est qu'il n'effraie pas vraiment. Il est magnifique, mais ne nous donne pas la chair de poule comme certains autres ennemis avant lui. Déjà, Harry Osborn est plus menaçant. Dane DeHaan est un acteur fantastique qui nous prouve à chacune de ses apparitions à l'écran l'immensité de son potentiel.

Au-delà de la perfection de l'image, on retrouve malheureusement un scénario inégal, rempli de scènes futiles dans lesquels les protagonistes tergiversent sur leurs sentiments amoureux ou les relations familiales compliquées. Il faut dire qu'il était ambitieux de raconter autant d'histoires en même temps; celle d'Electro, celle des parents de Peter, celle de Gwen, celle d'Harry et l'entreprise OsCorp ainsi qu'un avant-goût de celle de Rhino. Fort heureusement pour nous, ils ont décidé de retirer les scènes de Mary-Jane Watson parce que nous aurions eu droit à une oeuvre encore plus longue. Déjà que 142 minutes, c'est limite pour contenir l'attention du public (assez jeune), il n'aurait pas fallu leur imposer une autre trame narrative qui serait venue complexifier l'ensemble.

The Amazing Spider-Man (1 et 2) dit vouloir s'approcher des écrits originaux de Stan Lee et Steve Ditko, mais la bande-dessinée et le cinéma sont deux médiums très différents et vouloir les fusionner n'apporte pas que des avantages. The Amazing Spider-Man 2 semble toujours voguer entre une forme de réalisme et un point de vue plus cartoonesque. Spider-Man avec un casque de pompier ou toutes les répliques railleuses du héros lorsqu'il s'adresse aux vilains font partie de l'aspect plus bouffon et ubuesque de l'oeuvre, une perspective qui s'agence mal avec la tendance plus raisonnable du reste de l'histoire. À noter aussi que pour un minimum de sérieux, il aurait peut-être fallu nommer autrement la pièce qui referme tous les secrets d'OsCorp que par les mots Projets Spéciaux, et écrire autre autre chose que Master Reset sur le couvercle qui cache la poignée censée régénérer tout le courant électrique de la ville de New York.

Andrew Garfield livre à nouveau une superbe performance sous les traits du Spider-Man hipster de Marvel et la rafraîchissante Emma Stone est toujours aussi pétillante à l'écran. Même si The Amazing Spider-Man 2 est trop long et trop lourd narrativement, il reste qu'il représente un divertissement de qualité et qu'il vaut mieux visionner dans une salle de cinéma sur un écran géant que chez soi dans son salon. Ce deuxième opus de cette franchise fraîchement ressuscitée nous donne encore un bon exemple des facultés hallucinantes d'Hollywood... Imaginez si le scénario avait été à la hauteur de l'image!

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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