Affiche du film L'événement
© Twentieth Century Fox

L'événement

Version en français
v.o.a. : The Happening
11 juin 2008

Un rendez-vous manqué

Photo Par Karl Filion
Encore une fois, M. Night Shyamalan a eu une excellente idée de film. Et encore une fois, le réalisateur de La dame de l'eau a été incapable de la mener à terme. Malgré une introduction à enflammer les passions même des plus sceptiques, L'événement est un rendez-vous manqué, plus frustrant que raté, avec ce qui devait être la renaissance d'un cinéaste compétent à la feuille de route respectable qui vit un passage à vide. Par excès de confiance, peut-être.

Elliot Moore est professeur dans une école secondaire de Pennsylvanie. Un matin, une mystérieuse toxine frappe Central Park, à New York, et pousse les passants au suicide. Alors que les autorités parlent d'un acte terroriste, le malaise se propage à toute la Côte Est et Elliot, sa femme Alma et la fille d'un collègue tentent d'échapper à ce vent meurtrier qui frappe maintenant les petites villes, laissant derrière lui des milliers de cadavres.

Dès les premières minutes, Shyamalan s'éloigne des fables pour endormir les enfants qu'il a l'habitude de raconter; des images d'horreur, des suicides en quantité, montrés crûment, installent un sentiment d'horreur et de paranoïa astucieux. Puis, les hypothèses se précisent et la force des images de Shyamalan - et ce qu'elles montrent - est dilué dans un humour souvent incongru et un resserrement au plus petit dénominateur commun, une cellule familiale qui vit des difficultés internes... encore une fois, diront certains. Mais à réduire à ces seuls personnages l'hécatombe qui frappe l'humanité, le réalisateur rate une belle occasion d'appuyer plus subtilement sur son message, qu'il doit, faute de mieux, passer à travers un débat télévisé tout ce qu'il y a de plus doctoral.

Shyamalan rate même complètement sa finale au nom d'un sacro-saint happy ending, monotone et décevant, après une séquence presque burlesque avec une vieille femme vivant en ermite où le message se fait plus embrouillé. Très loin, donc, de cette autre séquence où il prêche par l'excès en faisant de deux jeunes garçons les victimes de la paranoïa post-11 septembre. Un autre moment scabreux qui préfère garder toutes les portes fermées et éviter les contacts humains. La peur, la peur c'est une chose, la folie en est une autre, et jusque là, Shyamalan avait réussi à éviter la souffrance ostentatoire, ce fléau cinématographique qui frappe les personnages d'un film en même temps que la mort d'un proche et qui va à l'encontre de l'instinct de survie.

Puis, à la Guerre des mondes, les problèmes se règlent d'eux-mêmes, marquant à la fois l'impuissance de l'humanité à se défendre et sa chance légendaire face à tout ce qui peut lui nuire. Children of Men, il y a longtemps déjà, avait bien compris cette absurdité et l'avait brillamment évitée. Un deuxième échec de suite pour Shyamalan, qui a au moins les vingt premières minutes les plus excitantes de l'année et l'une des répliques les plus inspirées depuis longtemps : « Just when you tought that any more evil could be invented... » Mais une réplique - comme une bonne idée d'ailleurs - ne font pas un film.
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Photo Karl Filion

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