Affiche du film L'auberge
© Christal Films

L'auberge

Version en français
v.o.a. : Hostel
5 janvier 2006

Formule tout-compris

Photo Par Karl Filion
Un film cruel et très violent, qui est quelques fois un peu idiot, mais qui demeure efficace dans sa mission un peu simpliste : montrer du sang et des seins. Et on peut dire sans trop se tromper qu'on a sorti l'artillerie lourde.

Le réalisateur Eli Roth, responsable du film Cabin Fever, s'assure, avec L'auberge, de faire plaisir aux amateurs d'hémoglobine, de décapitations et de femmes nues. Assez pour commencer à se demander si le sadisme ne serait pas soudainement revenu à la mode.

Deux jeunes Américains, Josh et Paxton, se rendent en Europe pour rencontrer des femmes et goûter aux plaisirs de la drogue. On leur suggère de se rendre à Bratislava, une petite ville de Slovaquie, pour rencontrer les plus belles femmes du continent. Et leur souhait est vite exaucé; dès leur arrivée, deux jolies co-chambreuses les prennent en charge. Sauf que quand Josh disparaît mystérieusement après une nuit torride, son ami n'a pas idée de la gravité de la situation.

La réalisation met en scène un film d'horreur très sanglant très efficace, mais manque malheureusement plusieurs chances de donner vie à un film qu'on n'apprécierait pas qu'en litres de sang. Parce que l'idée derrière L'auberge est plus que tordue, et que sans cette approche puérile dans la première moitié du film, le résultat aurait été bien plus interpellant. Tout de même, certains clins-d'œil – le fait qu'un Américain vaut plus cher qu'une autre nationalité…quand vient le temps de le trucider – donnent une autre dimension au film, plus comique. Cependant, on cherche à trouver des justifications – si maladroites soit-elles – à des actions horribles, qui montrent un aspect de l'être humain pas beau à voir. Un des tortionnaires a toujours voulu être chirurgien, l'autre a essayé tous les sports extrêmes et cherche des sensations fortes; on a voulu justifier des actes qui sont tout à fait injustifiables, et ce n'est pas très convaincant. Et tout le film respire cet aspect, assez pour se demander si c'est une leçon qu'on nous sert, du genre de ne pas parler aux étrangers et de contracter une assurance-voyage.

Ce qu'on reproche à L'auberge, au fond, c'est d'être un film bien trop violent pour des adolescents, mais d'être construit pour eux. On pousse le sadisme trop loin, ou pas assez loin, mais cette incertitude devient vite un problème pour quiconque décide de s'abandonner complètement à l'histoire. Il est immanquablement confronté à l'insouciance juvénile des personnages principaux, à des dialogues très faibles et à l'omission complète de l'aspect de la conscience. Parce qu'il aurait été possible de faire fi des faiblesses scénaristiques pour voir et apprécier un film de violence pure, perverse et sanguinaire, qui ne serait pas si pudique. Pas en images, non non, elles sont suffisamment barbares, plutôt dans l'attitude générale. On aurait d'ailleurs beaucoup apprécié une vengeance plus sordide. Et ça c'est en plus de tous les clichés qui s'enchaînent et s'accumulent comme des cadavres.

Les acteurs n'impressionnent pas particulièrement non plus, avec des performances vacillant entre l'acceptable et le peu inspiré, voire régurgité. Les actrices, elles, sont plus occupées à se dévêtir qu'à vraiment jouer la comédie. Et devant cette immense et primordiale tâche, elles parviennent à se distinguer.

Un festival d'opportunités manquées, malheureusement. Au lieu d'un grand film, on a droit à un film presque banal, conçu par des adolescents pour des adultes, qui ne parvient jamais à donner à son sujet l'envergure supposée. L'auberge n'est donc qu'un film d'ado comme les autres, à la fois dans son interprétation et dans son scénario, avec des viscères et de la cruauté qu'on choisit de montrer. L'aventure ne satisfait qu'à moitié.

Vu en version originale anglaise.
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Photo Karl Filion

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