Affiche du film  L'aube rouge
© Alliance Vivafilm

L'aube rouge

Version en français
v.o.a. : Red Dawn
21 novembre 2012

Un monde illusoire de vertu

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ce qui frappe d'emblée dans Red Dawn - et ce qui dérangera certainement beaucoup de Canadiens et de Québécois - c'est cette effusion de chauvinisme, souvent mal placée, portée avec une détermination sans borne par de jeunes patriotes américains. Il n'y a rien de mal à quelques montées de nationalisme, mais il y a des limites au nombrilisme américain (et de toute autre nation) que Red Dawn dépasse amplement - et probablement volontairement. On a vu dans la mort de Kim Jong-Il une opportunité de justifier l'attaque des États-Unis par la Corée du Nord (sans oublier évidemment les vrais « Rouges », les Russes, qui sont les alliés des méchants Coréens), mais on ne peut s'empêcher d'y voir du racisme, même s'il s'agit d'une fiction et, qui plus est, d'une reprise d'une histoire existante.

Même si on ignore que Red Dawn est un remake d'un film des années 80, les idées véhiculées dans la production, la composition psychologique des héros et le moralisme des dialogues mettent rapidement la puce à l'oreille à n'importe quel cinéphile. C'est plutôt courant - surtout depuis les dernières années - de reprendre des sujets ou même des films tout entiers de cette jeune époque, mais pourquoi celui-là? Pourquoi ce long métrage anodin empreint d'un patriotisme si important qu'il frôle la caricature sans l'assumer?

Parce que Red Dawn ne renferme rien de particulièrement mémorable, quoique l'aspect technique mérite quelques sincères compliments. La caméra à l'épaule, frénétique et explosive, apporte une fébrilité intéressante aux séquences d'action, tout comme la musique et l'ambiance sonore qui contribuent à l'effervescence générale de l'oeuvre. La rapidité des plans et leur concision font souvent penser à un jeu vidéo où le joueur doit tuer des ennemis qui l'empêchent d'atteindre son but et ainsi remporter la partie. Ce procédé, bien qu'assez conformiste, permet aux spectateurs de faire partie de l'action plutôt que d'en être simplement témoin.

Chris Hemsworth, qui était complètement inconnu lorsqu'il a tourné ce film il y a trois ans (à cause de la faillite de MGM, il aura fallu bien des années et la mort de Kim Jong-Il comme prétexte pour enfin sortir le long métrage sur les écrans), manque de prestance pour endosser le rôle du leader. Heureusement, l'interprète de Thor a su peaufiner son jeu depuis et il est beaucoup plus crédible aujourd'hui qu'il ne pouvait l'être à l'époque. Josh Hutcherson, devenu depuis peu l'une des coqueluches d'Hollywood grâce à sa performance dans The Hunger Games, se débrouille généralement bien dans ce film, où tous les protagonistes adolescents - et leurs interprètes - sont, finalement, un peu maladroits.

Red Dawn est divertissant, oui, bien réalisé aussi, mais on ne peut pas en dire autant de la pertinence et du bien-fondé de la production, qui sert bien davantage les intérêts des Américains que ceux de la cinématographie de manière générale.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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