Affiche du film  L'aube de la planète des singes
© 20th Century Fox

L'aube de la planète des singes

Version en français
v.o.a. : Dawn of the Planet of the Apes
10 juillet 2014

Le crépuscule de l'humain

Photo Par Karl Filion

Dawn of the Planet of the Apes a des tonnes de qualités, et nous en parlerons amplement dans les paragraphes qui suivent. Avant de commencer toutefois, soulignons l'aspect novateur d'un film qui, à travers tous ces blockbusters de propagande guerrière américaine, se démarque par son désir de pacifisme et par son illustration tragique de l'impuissance de l'homme face à la guerre. Ces guerres que personne ne veut jamais - mais vaut mieux être armé quand même - ces guerres qui sont toutes involontaires et pourtant toutes « nécessaires » dans l'esprit de ceux qui les mènent. Il ne serait pas surprenant que la droite américaine rejette ce film en bloc; cela ne fera que confirmer sa nécessité au sein d'une forme d'art qui sert souvent à justifier la prise des armes.

Le long métrage de Matt Reeves (dont le surprenant Cloverfield demeure un fort moment de cinéma), suite de Rise of the Planet of the Apes (qui était plutôt réalisé par Rupert Wyatt) se démarque bien sûr par sa signature visuelle impressionnante. Les effets spéciaux y sont tout simplement bluffants de réalisme. Les textures, les ambiances, la direction photo enchanteresse, toutes contribuent, dans un contexte où la guerre est latente et inévitable, à augmenter la tension à chaque instant. Des plans magnifiques, inspirés - on pense tout spécialement à un plan giratoire sur un tank, immanquable - qui ajoutent une poésie rare dans ce cinéma à grand déploiement qui peuple nos étés. On est au-delà de la simple recette ($), surtout que la ligne entre héros et vilains est ici brillamment inversée.

Le travail convaincant des acteurs humains, quoi qu'ils ne soient pas primordiaux à l'histoire, est aussi essentiel au succès du film. Ce sont pourtant bientôt les interprètes des singes - Andy Serkis, Toby Kebbel, Nick Thurston et d'autres - qui impressionnent le plus, eux dont les performances sont transposées à l'écran par un savant mélange de technologie et de jeu. C'est grâce à eux si l'anthropomorphisme est aussi efficace et qu'il en découle des émotions contradictoires aussi fortes tout au long du film.

Certes, le long métrage souffre de quelques longueurs, surtout lors du dénouement, qui étire bien inutilement l'achèvement du récit, alors que tout est joué. On sent un désir de souligner une nouvelle fois la gravité de la situation, son aspect volontairement involontaire, la guerre que personne ne voulait, mais qui est maintenant inévitable. Il y a bien quelques raccourcis scénaristiques qui sont plus faibles, mais jamais au détriment de l'histoire globale.

Malgré ses prétentions grand public de film d'été d'action de science-fiction d'explosions, Dawn of the Planet of the Apes est régulièrement bouleversant par son côté... humain. De voir un père (singe!) déçu par son fils qui a pris les armes, de voir l'entraide entre singes et humains, de voir la bêtise et la méchanceté de l'un ou de l'autre ajoute une profondeur émotive et psychologique à un film d'action de science-fiction, qui remplit aussi très bien son mandat de divertissement.

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Photo Karl Filion

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