Affiche du film  L'ascension du chevalier noir
© Warner Bros. Canada

L'ascension du chevalier noir

Version en français
v.o.a. : The Dark Knight Rises
20 juillet 2012

Chaos

Photo Par Karl Filion

Il n'y a pas de film plus attendu cette année; The Dark Knight Rises. La conclusion « épique » (c'était à confirmer) à une trilogie épique. Thématiques puissantes, scènes d'action enlevantes, technologie avancée, dialogues vifs et savoureux, tout est encore là. Mais en mode redondance; les vrais moments de passion dans The Dark Knight Rises sont ceux de nouveauté, ceux d'Anne Hathaway, ceux d'un vilain qui va au-delà des muscles (mais qui est sous-utilisé) et d'une trame parfois audacieuse. Mais seulement parfois.

Les films de super-héros sont souvent confrontés au même problème (surtout au deuxième et au troisième film) : quelle force pourra venir menacer le héros, lui qu'on a déjà établi comme « super » puissant. La réponse à cette question est Bane (Tom Hardy, convaincant, mais tout passe par la voix, maladroitement « nettoyée » pour qu'elle soit plus claire). Quel dommage que le personnage soit si peu utilisé et défini (sinon par de malheureux flashbacks). Et comme (ce) Batman(-ci) n'a jamais été le véritable héros de ses propres films... il faut s'en remettre à quelqu'un d'autre pour transporter le noeud dramatique.

Ce personnage est Blake, incarné par le talentueux Joseph Gordon-Levitt. Sans trop en dévoiler, disons qu'il est « l'éveil » dans cette histoire, celui auquel on s'identifie le plus facilement. Hathaway brille aussi dans le rôle de Selina Kyle et vient revigorer le récit lorsqu'il s'égare un peu. Les autres, Bale en tête, sont toujours compétents. Nolan sait manoeuvrer autour des nombreux personnages et les rendre crédibles, c'est, au fond, la qualité principale de The Dark Knight Rises. Il se sert d'eux pour faire avancer son récit; ce n'est pas sans raison qu'on est si fortement interpelé par le destin de ces personnages de fiction.

Malheureusement, c'est le film de la série qui démontre le plus de failles logiques; même à 165 minutes, on a l'impression que le film tourne les coins ronds, qu'il néglige de bien mettre en place et d'installer les éléments qui vont mener à son paroxysme. Et puis les personnages, souvent chanceux, prennent parfois des décisions malavisées qui minent leur crédibilité... C'est pourtant ce que faisait particulièrement bien The Dark Knight, ce qui a contribué à placer The Dark Knight Rises dans une situation intenable faisant en sortie qu'il ne pouvait tout simplement pas surpasser son prédécesseur.

Le récit, qui se permet plusieurs audaces par rapport aux blockbusters conventionnels, n'en demeure pas moins un film complètement hollywoodien. Ses risques sont donc calculés, et tout espoir que l'on avait de voir Nolan oser est - légèrement - déçu. Cela ne veut pas dire que la construction dramatique du projet n'est pas particulièrement compétente, et le scénario réserve plusieurs surprises (plus ou moins gâchées par l'avalanche de bandes-annonces et de scènes dévoilées) qui s'avèrent assez palpitantes. Mais on est loin de l'émerveillement.

Ce qui est le plus rassurant, c'est sans doute que ce Dark Knight Rises s'inscrit dans la continuité des deux films précédents, qu'il en solidifie les bases et qu'on pourra les envisager comme un tout, cohérent, complet et robuste. Une oeuvre narrative unique et globale, divisée en trois parties, dont la seule anicroche sera peut-être à jamais Katie Holmes. Ça fait drôle à dire... mais c'est aussi révélateur d'une très grande qualité générale.

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Photo Karl Filion

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