Affiche du film  L'ange gardien
© K-Films Amérique

L'ange gardien

Version originale en français
7 mars 2014

En sécurité

Photo Par Karl Filion

L'ange gardien, de Jean-Sébastien Lord, est bourré de qualités. Sa mise en situation est d'abord habilement construite, les personnages rapidement installés et une ambiance crédible est efficacement instaurée par le réalisateur. Les comédiens principaux, Guy Nadon, Marilyn Castonguay et Patrick Hivon, sont convaincants et leur jeu est subtil malgré quelques anicroches dans le contexte des rencontres impromptues entre leurs personnages (beaucoup de coïncidences pas toujours plausibles). On suit donc avec grand intérêt le déroulement du récit, jusqu'à une finale décevante, qui abandonne les personnages (et donc les spectateurs) à leur état, coupant court à leur transformation psychologique. Le film se termine alors que la partie cruciale de leur évolution commence à peine...

Le réalisateur parvient à créer des scènes dialoguées crédibles qui exploitent toutes les subtilités dont sont capables les comédiens, qui évitent avec grand talent (et sans doute une excellente direction) la surenchère. Le piège était pourtant bien présent, mais Nadon, Castonguay et Hivon s'en sortent avec brio. Leur force tranquille mais sans mélo est ce qui nous rattache en premier lieu au récit, et qui rend les personnages attachants. Les acteurs de soutien sont tout aussi efficaces, ce qui confirme d'autant plus l'hypothèse d'une direction d'acteurs efficace.

Au fil des péripéties, l'histoire se complexifie, et du même coup laisse paraître ses premières faiblesses. De sous-histoires sans véritable impact sur le récit (25 ans pour démonter un module de jeux?) viennent se greffer à la trame centrale, celle de la relation toute spéciale qu'entretiennent cet ex-policier gardien de sécurité et cette jeune mère voleuse repentante. Les personnages se mentent sans raison, évitent maladroitement certains sujets (on comprend qu'il s'agit de préserver le mystère de la finale) et bientôt quelque chose ne tourne plus rond.

La finale, qui essaie d'être imprévisible qui malheureusement n'y parvient pas et qui au final déçoit, nous fait réaliser les problèmes de rythme du long métrage, dont l'aura de mystère s'étiole rapidement malgré toute la bonne volonté du réalisateur. Pas que cela gâche le plaisir qu'on a rencontré au cours du film, car le réalisateur Jean-Sébastien Lord demeure habile malgré tout, mais disons plutôt que l'empreinte que laisse le film sur nous perd en force suite à ce dénouement inévitable et s'étire trop sans avoir l'impact dramatique souhaité.

Reste les comédiens, en pleine possession de leurs moyens, et l'impression d'avoir vu un presque grand film. L'ange gardien demeure un bon film qui contribue positivement au cinéma québécois, mais à un certain moment, on espérait davantage...

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Photo Karl Filion

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