Affiche du film  L'aigle de la 9e légion
© Alliance Vivafilm

L'aigle de la 9e légion

Version en français
v.o.a. : The Eagle
10 février 2011

La bonne Histoire

Photo Par Karl Filion

Dans la longue tradition des péplums (ces films historiques relatant les exploits de héros de l'Antiquité grecque ou romaine), The Eagle ne sera jamais plus qu'une oeuvre mineure, non seulement dans le genre, tiré tout droit de l'âge d'or du cinéma hollywoodien, mais aussi dans le cru de l'année 2011. Pas que le film ne soit particulièrement malhabile; certains aspects techniques sont même plutôt compétents. Mais les lacunes sont apparentes au niveau du scénario et du jeu, entre le démuni Channing Tatum et l'improbable (et maigrichon) Jamie Bell. Dans un récit souvent incohérent qui refuse d'innover, on s'ennuie vite.

Le commandant Marcus Flavius Aquila prend la tête d'une légion romaine postée en Bretagne. Vingt ans auparavant, son père est disparu dans la région avec les cinq mille hommes qui combattaient à ses côtés et l'emblème de leur légion, un aigle doré perdu aux mains des barbares du Nord. Démobilisé suite à une grave blessure, Marcus décide de se rendre dans le territoire interdit avec son esclave, Esca, afin de réhabiliter l'honneur de sa famille. Après des semaines de recherches, ils localisent l'aigle, mais pour s'en approcher, ils devront inverser les rôles; Esca sera le maître et Marcus l'esclave.

Le récit de The Eagle s'avère être d'un patriotisme élémentaire assez redondant, en plus d'être prévisible. La comparaison entre l'Amérique et Rome est on ne peut plus évidente, parfois sans grande subtilité. Le contexte historique est le théâtre idéal pour une métaphore appuyée sur les notions de courage, de sacrifice, de mérite et d'honneur. Le problème, c'est qu'aucune de ces notions ne devient un véritable thème, que l'on pourrait développer en une réflexion philosophique ou morale. Ici, les bons et les méchants sont clairement identifiés. C'est un problème moral, mais qui cause un problème cinématographique : on sait déjà qui va gagner la bataille. Ne reste plus qu'à s'amuser des ambiguïtés sexuelles entre les deux héros...

Les ingrédients sont pourtant là : le héros est taillé sur mesure pour la tâche violente qui lui incombe, les méchants sont bien méchants et prêts pour la bagarre. Malheureusement, les quelques combats proposés dans le film sont modestes en envergure et en efficacité; on a déjà vu mieux... et pire aussi. On se désintéresse vite des quelques soubresauts du scénario parce qu'ils mènent à l'inévitable finale, longuement appuyée. Sans oublier que les dialogues sont souvent récités bêtement par des acteurs sans passion : une scène risible de combat à mort en est le meilleur exemple.

The Eagle n'est pas exactement un « mauvais » film, ni tout compte fait un « bon » film. Ces films sont les plus difficiles à critiquer, justement parce qu'ils n'ont pas d'importance. Pas d'innovation, pas de créativité, pas de signature (une centaine de « réalisateurs » auraient pu faire le même film). C'est un beau gaspillage de temps, de talent et d'argent, mais le contexte économique le permet. C'est donc dire que des spectateurs prendront plaisir à (payer pour) voir un film aussi anodin. Comme on ne leur souhaite rien d'autre que du bonheur : tant mieux pour eux. Mais on ne saurait le recommander non plus.

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Photo Karl Filion

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