Affiche du film  L'agence tous risques
© 20th Century Fox

L'agence tous risques

Version en français
v.o.a. : The A-Team
11 juin 2010

De longs préliminaires

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'agence tous risques, malgré sa solide distribution et ses prémisses intrigantes, s'avère une très longue introduction à une histoire sans grande envergure ni originalité. Les coïncidences et les miracles « injustifiés » du destin s'enfilent comme d'un prétexte à des scènes de combats forts en effets spéciaux, qui souvent, souffrent d'un manque flagrant d'assises au sein de la narration. La réalisation de Joe Carnahan est également défaillante, s'apparentant souvent au style d'Ocean Eleven, mais sans son efficacité et son intelligence.

Lorsqu'ils sont victimes d'une mutinerie en Irak, des agents spéciaux de l'armée américaine sont accusés de trahison et enfermés dans différents pénitenciers fédéraux à travers le monde. Lorsque la CIA leur offre la chance de blanchir leur réputation et de faire briller la vérité, les quatre soldats, dirigés par Hannibal, s'évadent de prison et s'embarquent dans une mission frénétique pour tenter de retrouver un objet précieux pour les États-Unis. Ils découvriront au coeur de cette aventure que l'on ne peut faire confiance à personne, surtout à ceux que l'on croit ses alliés, lorsqu'il est question d'argent et de notoriété.

Adapté de la série télévisée des années 80, le long métrage nous apparaît trop très rapidement comme une immense préface à une histoire que l'on a entendue des milliers de fois au cinéma (ces héros qui se dévouent uniquement aux causes justes et qui ont un passé plutôt nébuleux, ambivalent). Ce qui aurait pu nous être expliqué en quelques secondes dans un générique rythmé au tout début du film nous est développé en long et en large pendant près de deux heures. Les antécédents de ces « agents de la paix » ne sont autres qu'un subterfuge pour nous montrer bon nombre d'explosions et de cascades chorégraphiées méthodiquement.

Les acteurs (physiquement très semblable aux personnages originaux) font vraisemblablement de leur mieux pour empêcher la catastrophe, donnant une performance respectable malgré l'aberration des répliques qu'on leur met en bouche. Mais ils ne parviennent malheureusement pas à sauver l'équipage. Le réalisateur de Smokin' Aces ne nous dévoile guère de talent autre que celui d'exécutant qu'on lui connaît déjà. Ces scènes d'action - qui sont tout de même efficaces, il faut l'admettre - laissent peu de place au texte, au développement des protagonistes, aux bilans inhérents au récit. Le spectateur est alors bien trop tôt perdu, déconcerté, dans cet amoncellement de morts et de balles de fusil.

Le récit aurait peut-être pu être sauvé de l'incohérence si les contradictions et les coïncidences ne se succédaient pas de manière aussi absurde. Pourquoi faut-il que les bons n'éliminent jamais les méchants quant ils en ont la chance? Quand trouve-t-on le moment d'aller se raser en pleine bagarre meurtrière? Et qui a décidé que le beau gars et la belle fille devaient impeccablement développer des sentiments amoureux malgré leur lointaine rancune? Ce sont ces choses banales, mais redondantes, qui retirent au long métrage la crédibilité nécessaire à sa (aussi infime soit-elle) réussite.

Au-delà des effets spéciaux et peut-être de cet aspect nostalgique qui rassemblera les plus fervents, le long métrage n'a pas beaucoup d'attributs insoupçonnés. Peut-être faudrait-il dans ce cas songer au plan B avant de choisir L'agence tous risques pour se divertir.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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