Affiche du film  Kinsey
© 20th Century Fox

Kinsey

Version en français
v.o.a. : Kinsey
26 juillet 2005

Sexe et confidences

Photo Par Karl Filion
Kinsey s'attaque à un sujet délicat. À une époque où le sexe peut porter tous les vices du monde sur ses épaules, comme toutes ses bénédictions, le film de Bill Condon dégage une certaine fraîcheur plus que bienvenue.

Kinsey a le mérite de mettre les choses au clair, de ne pas s'empêtrer dans les fleurs du tapis, ni de s'en faire avec les mots, rendant chacun instant du film plus concret et plus efficient que le précédent. Car oui, l'intérêt de Kinsey va en grandissant. L'introduction, plutôt banale, présente Alfred Kinsey, ce brillant biologiste, son enfance et sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme avec professionnalisme, il ressemble beaucoup, techniquement du moins, aux premiers moments de A Beautiful Mind avec Russell Crowe. Pourtant le film prend véritablement son envol lorsque Kinsey débute son nouveau cours…sur la sexualité. Il provoquera scandale et dégoût, pourtant, c'est si agréable à voir qu'on oublie même de s'indigner.

Liam Neeson, dans le rôle du professeur Alfred Kinsey, d'abord biologiste puis véritable sexologue, brille dans tous les aspects de son jeu, prenant à chaque scène un ton juste, sans glisser dans le mélodrame. Il entretient également une relation bien particulière avec sa co-vedette, Laura Linney (The Truman Show), elle qui offre un appui constant à la grandeur de l'interprétation de Neeson.

Le film s'attaque par la suite à ce puritanisme caractéristique des États-Unis avec une certaine réprobation – en particulier lorsque Kinsey se demande ce qu'ils seraient devenus si les puritains étaient restés en Angleterre – et une critique sociale, présentée avec retenue, est souvent perceptible.

Le portrait dressé par Bill Condon présente évidemment beaucoup plus des qualités que des défauts du Dr Kinsey, pourtant, certains de ses aspects plus désagréables sont portés à l'écran. En particulier cette arrogance dé-li-ci-eu-se qui permet des dialogues savoureux entre les différents protagonistes et lui. Le réalisateur choisit, avec sagesse, d'éviter de représenter la vie de famille de Kinsey, un aspect sans doute miné par un conventionnalisme que Condon semble vouloir écarter. Dans sa réalisation, pourtant, un certain conformisme est perceptible dans ses ellipses temporelles ou dans les scènes de dialogues sans que l'ensemble ne soit trop affecté. Les autres scènes sont admirablement justes, insufflées d'une fraîcheur appréciable, et d'un potentiel comique bien exploité d'un scénario peu commun, mais fichtrement bien construit.

Kinsey a le mérite de jouer doublement entre la comédie et la reconstitution biographique sans se perdre ni dans un, ni dans l'autre, permettant au spectateur de se sentir à l'aise dans un comme dans l'autre, et remettant aussi tout votre entourage, et tous ses secrets, en question.

On ne peut reprocher qu'une chose à Kinsey, en fait, et c'est de sembler un peu redondant vers la finale. Sinon, le mélange de la spectaculaire performance des acteurs, de la véracité biographique et d'une conscience sociale digne de la plus sérieuse observation scientifique lui prête un intérêt extrêmement pertinent.
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Photo Karl Filion

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