Affiche en français du film  Kick-Ass
© Les Films Équinoxe

Kick-Ass

Version en français
v.o.a. : Kick-Ass
14 avril 2010

Parlons des choses sérieuses...

Photo Par Karl Filion

Depuis que les super-héros sont de retour à l'avant-scène (depuis Bryan Singer et X-Men, en fait... (assez amusant de voir que Matthew Vaughn devait à l'origine réaliser X-Men: The Last Stand)), ils ont retrouvé une certaine noblesse. Une noblesse qu'ils avaient perdue par leur faute, leur très grande faute, avec des monstruosités comme Batman and Robin, Catwoman et The Phantom. Mais les choses ont bien changé depuis qu'on a confié les supers-héros à des créateurs qui savaient ce qu'ils faisaient. Ils ont permis aux films de super-héros de retrouver un peu de leur sérieux. Mais ce genre, exploité de tous les angles, poussant parfois la créativité aux limites de l'intelligible, peut-il encore se renouveler?

Dave, un adolescent new-yorkais normal grand amateur de bandes dessinées, décide de devenir un justicier masqué afin d'aider son prochain. Mais sans super-pouvoir, la tâche s'avère particulièrement ardue. Devenu une célébrité sur Internet, il s'allie à Big Daddy et Hit Girl - une fillette de 11 ans - afin de combattre le crime. Mais le chef d'un réseau de criminels ne l'entend pas ainsi. Avec son fils ambitieux, il décide d'éliminer les héros. Mais Big Daddy a aussi l'intention de se venger... Tout ça pendant que Dave se rapproche d'une magnifique étudiante qui croit qu'il est gai.

La différence entre Kick-Ass et Daredevil, Punisher et autres adaptations ridicules de comic books? Kick-Ass sait que de se promener dans les rues en costume moulant avec un masque, c'est ridicule par définition et que les « choses sérieuses » n'ont pas leur place dans cet univers. Dommage que le personnage principal manque en premier lieu de charisme, et que le récit de son quotidien manque de punch lors de l'introduction. Pas grave, ce n'est pas là que le film commence à briller. C'est bien plus tard, lorsqu'arrivent Big Daddy et son impayable fillette, que le film fonctionne le mieux. Et soyons entièrement honnêtes : Nicolas Cage est rarement aussi drôle que lorsqu'il se permet de se ridiculiser. On rit avec lui plutôt que de simplement rire de lui.

Prêchant par excès, le film propose une violence extrêmement graphique, qui repousse sans arrêt les limites du bon goût. Démembrements, éclatements, longues fusillades; tous les moyens sont bons pour mourir et pour tuer. Le film est si violent qu'on s'étonne de ce choix : puisque le film s'intéresse à plusieurs thématiques très « adolescentes », il est exagérément sanglant. On a franchement l'impression que cette violence est inutile, alors qu'on croyait bien qu'il n'était plus possible de dire une telle chose à notre époque. C'est pourtant bel et bien le cas.

Le film s'étire par la suite, retardant inutilement le dénouement. Quelques blagues tombent à plat parce qu'elles sont inutilement répétées deux, trois et quatre fois (deux fois « inutilement » dans ce paragraphe, déjà...). Il n'en demeure pas moins que Kick-Ass est un divertissement fort efficace, qui propose plusieurs rires francs et une vision rafraîchissante du monde des super-héros. Il fallait sans doute y penser : plutôt que de mépriser les super-héros et leurs légions de fans, suffisait de les prendre (un peu) au sérieux, jusqu'à être capable d'auto-dérision.

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Photo Karl Filion

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