Affiche du film  Le karaté kid
© Sony Pictures

Le karaté kid

Version en français
v.o.a. : The Karate Kid
9 juin 2010

Namasté

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Tellement de remakes ont vu leur gloire éphémère détruite par les critiques et les cinéphiles nostalgiques, tellement d'adaptations ont connu l'échec à travers la modernité, tellement d'oeuvres pastiches ont été qualifiées de fallacieuses (on n'a qu'à penser à Disturbia de D.J. Caruso ou King Kong de Peter Jackson), que produire un nouveau Karate Kid aurait très bien pu déprécier le classique et le souvenir victorieux qui en découlait. Mais fort heureusement, ce risque-ci valait semble-t-il la peine d'être pris. Même si Jackie Chan ne parvient guère à faire oublier la prestance et le mythe derrière Pat Morita, Jaden Smith fait un bien meilleur Karate Kid que Ralph Macchio n'aura jamais pu l'être.

À cause du travail de sa mère, Dre Parker est forcé de déménager en Chine. Le jeune garçon de 12 ans est triste de devoir quitter tous ses amis, tous ses repères, pour un pays qu'il connaît à peine. Alors qu'il tente de s'intégrer à son nouvel environnement, il rencontre Meiying, une jeune chinoise qui rêve de devenir une grande musicienne. Mais, bien que leur amitié semble facile et naturelle, d'autres jeunes de l'école, spécialistes du Kung fu, refusent qu'ils se fréquentent et n'hésitent pas à utiliser la violence pour lui faire comprendre. Dre tentera donc d'apprendre cet art martial avec l'aide de M. Han, le concierge de son immeuble.

Le fils de Will Smith et de Jada Pinkett Smith, Jaden Smith, est vraiment compétent. Alors que Ralph Macchio dans la version originale ne faisait que quelques figures martiales et gagnait le combat final davantage grâce à la chance que par talent, Smith ne cesse d'impressionner par ses performances acrobatiques ainsi que par son jeu authentique et rassembleur. Jackie Chan, au contraire, semble distant, moins engagé; ses prouesses sont limitées et son interprétation, plutôt banale.

Bien que l'on soit tous conscient que la Chine subit d'importants conflits présentement et que le climat qui y règne en est davantage un d'incertitude que de prospérité, personne ne peut nier sa beauté spirituelle et la richesse de son histoire. Le film nous dévoile un endroit chimérique, utopiste peut-être (un seul mot négatif sur la Chine, et les Américains auraient été bannis, sans image ni possibilité de retour), mais indiscutablement magnifique, idyllique. Les images en montagne, sur la grande muraille, dans les banlieues reculées, s'accordent parfaitement avec le crédo de Karate Kid (on se demande même à un certain moment comment l'histoire pouvait fonctionner à Los Angeles).

Les éléments déclencheurs du nouveau récit et de l'ancien sont sensiblement les mêmes: un jeune américain veut apprendre les arts martiaux pour pouvoir se défendre et se tourne vers le concierge chinois de son immeuble, qui semble connaître le kung fu, pour l'aider. Plusieurs modifications ont tout de même été apportées au récit; certaines en valaient l'effort - la migration de l'histoire en Chine, l'entraînement plus rigoureux de l'adolescent -, alors d'autres ne font que nuire à l'adaptation. Le développement du personnage de Meiying, les trop nombreuses étapes de sa formation de Dre -, rallongeant inutilement le récit (un film de 2h20 qui s'adresse à toute la famille, c'est généralement trop long).

La nouvelle version de Karate Kid saura, de manière générale, combler les attentes, entre autres par la qualité de ses plans et de ses performances. Une nouvelle génération de jeunes aura sûrement envie d'apprendre les arts martiaux et peut-être même de visiter la Chine, de connaître sa culture. Reste à voir par contre si les nostalgiques sauront passer outre l'absence de M. Miyagi.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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