Affiche du film  Justin Bieber: Never Say Never
© Paramount Pictures

Justin Bieber: Never Say Never

Version originale en anglais
v.o.a. : Justin Bieber: Never Say Never Director's Fan Cut
11 février 2011

Vendre du rêve

Photo Par Karl Filion

On ne peut pas dire que je suis un « fan » de Justin Bieber. En fait, on pourrait même dire que je ne connaissais rien du tout de ce petit phénomène à la voix d'enfant et aux refrains affreusement stéréotypés. J'étais là, devant le premier (!) film sur sa vie (à 16 ans) pour apprendre. Mais comme cette critique n'est pas au sujet de la musique du jeune prodige canadien (ils vont peut-être nous foutre la paix avec Céline Dion grâce à lui) mais plutôt sur le film avec la musique du prodige en question, il faut bien dire que le travail accompli par le réalisateur Jon M. Chu est efficace, et que Justin Bieber : Never Say Never est un portrait senti d'un jeune homme dont le charisme est indéniable.

Si vous me demandiez de vous parler de la musique de Bieber, je vous dirais qu'elle est ridiculement simpliste, qu'on ne fait pas bien plus quétaine que One Less Lonely Girl et Never Let You Go, et que j'espère ne plus jamais être forcé à en écouter. Mais Justin Bieber: Never Say Never n'est pas un mauvais film. Il saisit parfaitement l'essence du personnage, traite avec respect (mais non sans une petite touche d'humour) les fans hystériques qui se passionnent pour le jeune chanteur et, sans l'expliquer bien sûr, démontre le charisme que dégage le petit personnage.

Tout est parfaitement parfait dans l'univers de Bieber : de son talent musical précoce aux intentions pures de sa mère et de son gérant (un individu louche, si vous voulez mon avis, attendez-vous à une éventuelle poursuite). No kidding, il est assez doué à la batterie, le jeunot. Au piano et à la guitare aussi, il paraît. Pour le chant : on n'en sait rien, pas moyen de savoir ce qui était légitime dans les quelques chansons du film. En fait, il n'a qu'un seul défaut : il est fan des Maple Leafs de Toronto. Mais de le voir interagir avec ses fans (dont une jeune violoniste attendrissante) fait saisir l'ampleur du phénomène.

Malheureusement, après cette incursion intéressante dans les coulisses d'une tournée très exigeante (pour n'importe qui, alors imaginez pour un ado) et ce regard empathique sur la folie des fans, on se désole de devoir souffrir deux longs vidéoclips et un faux « drame » sur la santé des cordes vocales du gamin. Qui a dit « lypsinc »?

Si j'ai bien compris, Justin Bieber c'est un peu le Xavier Dolan du ROC (je préfère le nôtre). Si on écoute ses fans, on apprend que son rire, son corps, ses yeux, ses cheveux sont tous plus adorables les uns que les autres. Je ne crois pas qu'elles comprennent que cette « chose » est une création. Une savante création, qui vend du rêve (qu'il faut payer) avec des produits dérivés. Le problème, c'est que ça ne semble pas les importuner, surtout pas celles qui sont choisies pour se faire chanter la pomme (avec des roses) par Bieber. Mais cette critique n'est pas censée les juger non plus, et si ça leur fait plaisir, tant mieux. Ce n'est pas, par exemple, parce que les adolescentes devant moi ne cessaient de faire des petits coeurs avec leurs mains ou d'attraper des confettis (le film est en 3D, c'est pour ça) qu'elles sont des imbéciles. Elles sont justes amoureuses...

Anyway, j'espère que la preuve de ma bonne foi est faite pour toujours avec cette critique improbable du film improbable d'un jeune chanteur improbable.

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Photo Karl Filion

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