Affiche du film Julie and Julia
© Sony Pictures

Julie et Julia

Version en français
v.o.a. : Julie and Julia
7 août 2009

Un fade arrière-goût

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Meryl Streep et Amy Adams ont su prouver aux cinéphiles leur grand talent d'actrice, notamment grâce à leur récente performance dans le drame Doubt, qui leur a valu à chacune une nomination aux Oscars. Malheureusement, pour obtenir des recettes convenables au box-office, il ne suffit pas de réunir deux excellents chefs, il faut les bons ingrédients et une technique efficace, deux choses que le plus récent film de Nora Ephron ne possède pas.

2002. Julie Powell, préposée aux plaintes pour la ville de New York, trouve sa vie ennuyante et stérile jusqu'au jour où elle décide d'écrire un blogue. Elle se lance le défi de faire les 524 recettes du livre de cuisine de Julia Child en 365 jours.

1954. Julia Child et son mari voyagent dans différents pays du monde à cause du travail de ce dernier. Nomade et excentrique, Julia décide de suivre des cours de cuisine lors de son passage dans la ville de Paris. Elle se découvre alors du talent dans ce domaine et rédige, avec deux amies, un livre pour les femmes qui doivent préparer des repas pour leur famille sans l'aide d'une domestique.

Les vies de Julie Powell et de Julia Child sont racontées en alternance grâce à des séquences de quelques dizaines de minutes. Ces dernières sont parfois trop longues pour maintenir l'attention du spectateur et souvent trop courtes pour amorcer une réelle intrigue. Une trame narrative décousue de la sorte se doit d'être cohérente pour captiver le spectateur, malgré la périodicité des différents récits, ce que la réalisatrice de You've Got Mail ne parvient pas à faire adéquatement, malgré un montage assez dynamique. Les évènements se bousculent sans que le public ait même le temps de s'attacher aux personnages, sans qu'il puisse saisir l'univers dans lequel ils gravitent. Lorsqu'une intrigue s'amorce enfin, on saute aussitôt de temporalité, de diégèse, et au-delà de la séquence d'intermède on a déjà oublié la teneur de ce qui maintenait plus tôt notre intérêt.

La performance des acteurs est l'intérêt principal (même unique) de cette comédie dramatique dont même l'histoire de manière générale est barbante. Meryl Streep est délicieusement excentrique dans le rôle de la célèbre cuisinière Julia Child. Son personnage est tout le moins divertissant contrairement à celui de sa comparse, Amy Adams, qui interprète une jeune femme ordinaire et légèrement narcissique. Aucun défi périlleux pour l'actrice de 35 ans. L'efficacité de Stanley Tucci dans le rôle du petit mari de Julia Child est également considérable.

Ce type de film a tendance à transmettre une morale insignifiante du genre : « ais confiance en toi », « aide ton prochain » ou « n'abandonne jamais tes rêves », mais étrangement les messages que semblent vouloir nous transmettre le film se rétractent la plupart du temps par des dialogues nébuleux ou des évènements




contradictoires.


Ingrédients :


1. Deux actrices fraîchement sélectionnées aux Oscars

2. Deux livres vendus à plusieurs millions d'exemplaires

3. Un montage séquentiel réalisé grossièrement


Mélangez le tout pendant 123 minutes à 350 dans une salle de cinéma climatisée. Laissez mijoter et vous aurez un film qui ne mérite pas le déplacement.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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