Affiche du film  Judy Moody and the Not Bummer Summer
© Les Films Équinoxe

Judy Moody et son été pas raté

Version en français
v.o.a. : Judy Moody and the Not Bummer Summer
10 juin 2011

Super-méga-supra-mauvais

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'idée de sortir un film comme Judy Moody and the NOT Bummer Summer dans les cinémas est un peu comme une insulte à l'intelligence des parents; puisque le long métrage s'adresse à des enfants de moins de dix ans, qui doivent être accompagnés par un adulte responsable pour assister à la projection - ça va de soi -, les parents en question sont donc condamnés à écouter une fillette criarde et renfrognée geindre pendant 92 minutes sur l'insipidité de ses vacances estivales. On serait, certes, bien prêt à adhérer à ces quelques moments baignés de nombreuses stupidités et contradictions si notre enfant en retirait un quelconque plaisir, mais vu l'histoire insipide, les blagues absurdes et les performances d'autant plus risibles des acteurs, on ne peut qu'être offensé d'avoir déboursé pour tant d'aberrations.

L'humour de premier niveau (le fameux pipi, caca, pet) peut être acceptable lorsqu'on s'adresse à un jeune public seulement - et aucune autre définition n'est valable - s'il est utilisé avec parcimonie et précaution. En tentant d'amuser son auditoire, Judy Moody le dégoûte, le répugne. Il n'y a absolument rien de drôle ou de farfelu dans une bouche pleine de nourriture à demi mâchée, du vomi bleu dans une montagne russe, du pipi de crapaud ou des défections d'animaux dans un sandwich au jambon. On peut faire rire les enfants sans les assommer de telles âneries (la preuve; le jeune public qui partageait ma salle aujourd'hui a rigolé bien davantage pendant la bande-annonce des Schtroumpfs que pendant l'heure trente que durait  Judy Moody and the NOT Bummer Summer).

Ramona et Beezus en avait surpris plusieurs l'an dernier en nous présentant une oeuvre rafraichissante et originale qui s'intéressait à l'imaginaire des enfants et leur vision, parfois biscornue, de notre monde d'adultes. Judy Moody est, au contraire de ce dernier, très hermétique; il s'adresse à un créneau très précis et ne déroge jamais de celui-ci pour promulguer certaines observations ou remarques sur l'univers - qui peut pourtant être riche et fascinant - d'un élève du primaire. On se contente d'illustrer l'existence anonyme d'une enfant grognonne, interprétée avec peu de finesse et de subtilité par Jordana Beatty. Le concept des « points de folie » que l'héroïne établit afin de s'assurer un été rempli de rebondissements et de nouveaux défis est une idée intéressante qui illustre bien l'inventivité de l'enfant en question, mais elle n'a pas été développée suffisamment - ou judicieusement. Le scénario bifurque dans tous les sens, nous laissant perplexes et, invariablement insatisfaits. Dès que Judy s'engage dans la capture d'un Big Foot, le film plonge dans une inexorable monotonie et rien ne pourra, dès lors, le sauver.

Quelques effets visuels intéressants, comme certains passages en animation et des sous-titres rigolos (qui, malheureusement, ne sont pas traduits dans la version française), empêchent peut-être la production d'atteindre le paroxysme du désintérêt. Mais encore là, il est difficile d'atteindre de tels sommets d'impertinence.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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