Affiche du film  Joséphine
© Axia Films

Joséphine

Version originale en français
3 juillet 2014

La princesse et la boulangère

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a de ces films anodins, très peu originaux, qui parviennent, sans qu'on arrive à l'expliquer rationnellement, à nous charmer. La comédie romantique Joséphine est stéréotypée, ressemble tellement à Bridget Jones's Diary que ça en devient rapidement ridicule et nous entraîne dans des tournants invraisemblables et pathétiques, et pourtant, il en découle un sentiment de sérénité qu'on espère en choisissant d'écouter un film comme celui-là. 

On ne peut pas non plus toujours réinventer le genre. La comédie romantique est un style bien particulier, façonné par des filles et pour des filles afin de leur faire croire encore momentanément au prince charmant, même si elles savent, intérieurement, que la vie n'est pas tout à fait un conte de fées. La personnage de la trentenaire célibataire au gros cul en est un particulièrement efficace parce qu'elle invite à comparaison puis à l'attachement. On ne peut donc pas reprocher à Joséphine de ressembler à Bridget. Mais on peut, par contre, critiquer les situations trop semblables (fête costumée) et les relations similaires de sa protagoniste (couche avec un homme marié, amis au tempérament interchangeable). Joséphine était d'abord une bande-dessinée, ce qui ne signifie pas que l'auteure de ladite bande-dessinée ne s'était pas grandement inspirée de l'héroïne des romans d'Helen Fielding pour construire son univers...

Il y a tout de même quelques idées plus originales qui se démarquent et apportent une fraîcheur à l'oeuvre. Son chat Brad Pitt (« Je me console en me disant qu'il n'y a qu'Angelina Jolie et moi qui dormons avec Brad Pitt ») et sa soeur parfaite - à l'opposée de Joséphine qui est imparfaite en tous points (la princesse et la boulangère) - qui lui reproche de toujours briser SES moments, font partie des choses qui particularisent la production. Évidemment, nous ne sommes pas là dans l'insolite, mais la personnalité du film se dévoile à travers ces petits instants de folie et ces personnages typés, caractériels, mais assumés.

Marilou Berry incarne à merveille l'héroïne attachante que l'on espère des comédies romantiques. Gaffeuse, un peu naïve, incohérente et désespérée, elle est la protagoniste parfaite pour les jeunes femmes célibataires à la recherche de l'amour. Ses amis aussi (bien que très peu insolites), interprétés par Bérengère KriefAmelle Chahbi et Cyril Gueï, sont amusants et attachants. 

Ce qui a du mal à tenir la route, c'est le mensonge disproportionné qui force le personnage principal à vivre incognito dans son propre appartement avec l'homme qui l'a sous-loué. Même s'ils se connaissent depuis longtemps, il est tout de même difficile de croire que l'amour de Joséphine pour cet homme se confirme en l'observant évoluer. Parce qu'il fait bien la cuisine, parce qu'il danse avec ses nièces et écoute des films de Woody Allen, il devient soudainement irrésistible? Il est vrai qu'en amour il n'y a pas toujours d'explication rationnelle, mais dans un film, il se doit d'en avoir une petite pour que le public y croie un tant soit peu.

Joséphine est loin d'avoir les volontés ou les compétences de réinventer le genre, mais s'assume suffisamment pour engendrer l'émotion recherchée.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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