Affiche du film  Je ne sais pas comment elle fait
© Alliance Vivafilm

Je ne sais pas comment elle fait

Version en français
v.o.a. : I Don't Know How She Does It
15 septembre 2011

Maman travaille

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

La bande-annonce - prévisible, ennuyante, maladroite - augurait déjà le fiasco. Sarah Jessica Parker n'a, de toute façon, pas l'habitude de s'associer à des productions méritoires. Après le chaotique Failure to Launch et le grotesque Did You Hear About the Morgans? (et c'est sans parler des tentatives désespérées de faire de Sex and the City des longs métrages satisfaisants), on ne pouvait espérer qu'une oeuvre tolérable de I Don't Know How She Does It - croire qu'elle aurait pu se démarquer était en fait bien naïf. Le fait que le film soit supportable, pas trop abrutissant, est probablement sa plus grande qualité.

Même si on ignore au départ que I Don't Know How She Does It est l'adaptation d'un livre, la construction narrative très découpée nous révèle rapidement ses origines littéraires. Comme les scénaristes qui ont travaillé à l'adaptation de He's Just Not That Into You avaient fait, la comédie de Douglas McGrath est divisée en « chapitres », tous entrecoupés par des confidences et réflexions de certains des actants. Quelques-uns de ces épanchements nous font décrocher un sourire (notamment une métaphore amusante entre Justin Bieber et un enfant non-désiré qui devient milliardaire), mais la plupart sont évidents et importuns.

Tous les éléments ludiques qui ont été ajoutés au visuel de base (des passages manuscrits, des photographies adjacentes à l'image, etc.) alourdissent généralement le récit, déjà surchargé par une voix extra-diégétique omniprésente. Même si le narrateur reste une manière efficace de transmettre de l'information sans avoir à inclure cette dernière dans les dialogues et ainsi risquer de dénaturer l'histoire, il faut savoir le doser. Ici, la présence du personnage de Parker est si ubiquiste qu'elle devient rapidement agaçante et réussit tout de même à nuire à l'intrigue. L'action s'arrête même parfois pour laisser toute la place au narrateur qui brise le quatrième mur pour des prétextes loin d'être convaincants.

Ce n'est pas le sujet qui est inadéquat pour le médium cinéma; la conciliation famille-travail - surtout dans notre société actuelle - est une thématique intéressante qui touche d'innombrables foyers, mais bien la manière de l'amener à l'écran. La production n'a pris aucun risque, on a adapté le roman de manière presque textuelle, ce qui donne - sans trop de surprises - un film pour le moins conjectural et familier.

À défaut d'être attachants ou même intéressants, les différents protagonistes s'avèrent tout au moins crédibles. Cette mère dans la quarantaine déchirée entre son emploi - qu'elle adore - et sa famille - qu'elle aime tout autant - constitue un modèle assez conventionnel et réaliste de la femme d'aujourd'hui (même si elle est incarnée avec peu de nuances par une actrice qui ne peut jouer autre chose que la riche tourmentée). Son mari compréhensif, son adjointe workaholic, sa belle-mère frustrée, son associé compatissant et son collègue envahissant représentent également des personnalités fort répandues, au point où tout le monde connaît quelqu'un qui ressemble à ces gens.

I Don't Know How She Does It n'est pas une torture mentale comme tant d'autres qui l'ont précédé, mais reste immensément prévisible et facile. On souhaite à Sarah Jessica Parker d'avoir un jour la chance de sortir de ce carcan limité, mais malgré tous les efforts qu'elle pourrait déployer, elle restera probablement toujours associée à cette auteure new-yorkaise qu'elle a jouée pendant des années à HBO.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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