Affiche du film  Jack Reacher
© Paramount Pictures

Jack Reacher

Version en français
v.o.a. : Jack Reacher
21 décembre 2012

De, avec et pour Tom Cruise

Photo Par Karl Filion

Christopher McQuarrie est un scénariste excitant. Il est associé aux films The Usual Suspects et Valkyrie comme auteur, et sa vision s'est souvent traduite par d'excitants moments de tension et des revirements dramatiques stimulants. Ce n'est pas le cas avec Jack Reacher. Pourquoi? Difficile à dire. Sans qu'on puisse déterminer spécifiquement l'explication (est-ce la faute d'un acteur vedette trop important pour le matériau original, une série de livres de Lee Child où le héros, Jack Reacher, est une brute de 6'5''?), il est aisé de comprendre pourquoi Jack Reacher est aussi peu convaincant : le film manque d'unité, ne sachant trop s'il s'agit d'une comédie ou d'un film d'action old fashion des années 80. McQuarrie, devenu réalisateur pour le projet, ne semble pas certain lui non plus.

Après une introduction fascinante où on passe plusieurs minutes à regarder à travers la lentille d'un tireur d'élite qui s'apprête à abattre cinq personnes au hasard, Jack Reacher met en place puis désarçonne assez habilement des prémisses familières (l'ancien soldat évaporé dans la nature et « introuvable » se présente au bureau du procureur alors qu'on parle justement de lui). La mise en place des éléments du récit est intéressante, et l'enquête rapide menée par le personnage central ajoute de la complexité au récit. C'est là pourtant que les incongruités apparaissent.

Cette enquête met en lumière des coïncidences et des invraisemblances qui innocentent le coupable présumé (pas de surprise-là) en suggérant diverses maladresses commises par ceux qui veulent lui faire porter le blâme. Au fil du récit, leur plan est dévoilé plus en détail et on peut en constater toutes les faiblesses et utilise plusieurs cartes cachées forcées et incohérences (le tireur d'élite de haut calibre du début devient maladroit quand vient le temps de tirer sur les héros). En plus de ne pas avoir d'antagoniste digne de ce nom (l'obscur personnage défendu par Werner Herzog n'a aucune motivation), Jack Reacher peine à proposer des personnages secondaires intéressants, de la fille du procureur à un policier jetable en passant par un homme de main qui a tous les talents.

Difficile pour Tom Cruise, qui est donc la seule balise que propose le film, de maintenir le cap. Son personnage, qui est d'abord habile est talentueux, devient chanceux et imprudent, en déposant son arme pour combattre le chef des méchants à mains nues, sous la pluie (cliché vous dites?), et lors d'une séquence absurde et burlesque impliquant deux gros bras et des bâtons de baseball qui est plus près de Home Alone que d'un film d'action.

Cruise en fait beaucoup, et s'il faut avouer qu'il s'en tire bien au niveau des scènes d'action, il est évident qu'il est bien moins à l'aise avec les scènes comiques (et romantiques, même si le film lui-même ne semble pas savoir quoi en faire). Jack Reacher est un film qui ne tient pas ses promesses : pour une superbe poursuite en voiture, deux clichés et trois invraisemblances. Dans ce cas précis, la bande-annonce est même meilleure que le film. Beaucoup.

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Photo Karl Filion

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