Affiche du film Inland Empire
© Cinéma du Parc

Inland Empire

Version originale en anglais avec sous-titres en français
1 mai 2007

Making-of

Photo Par Karl Filion
Un film qui arrive sur nos écrans précédé de sa réputation. « Le nouveau David Lynch », fable métaphorique et surréaliste de trois heures, est certainement à la hauteur des attentes, quelles qu'elles étaient, puisque Lynch fait l'inventaire exhaustif des thèmes qui lui sont chers, dans un festival onirique et visuel déstabilisant mais fascinant.

Peine perdue, peine perdue; résumer l'histoire d'Inland Empire avec des mots est une entreprise vouée à l'échec. Une histoire d'euphémismes et de surexposition - tant au niveau de la lumière que des personnages - qui met en vedette la femme démunie si chère à Lynch, dans des lieux qui le fascinent depuis toujours. Le récit déconstruit - et le mot est faible! - tente plutôt d'expliquer par l'évocation ce qui fait l'émotion, ce qui fait le cinéma, et comment l'un et l'autre sont intimement liés dès qu'il est question de projection sur un écran. Irrationnel? Pas tout à fait.

Tourné avec une caméra numérique bon marché, le film balaie du revers de la main presque toute narrativité au profit d'une sensibilité à fleur de peau, incarnée par une brillante et insaisissable Laura Dern. Femme universelle qui est parfois actrice, parfois prostituée, mais qui a immanquablement à affronter des hommes manipulateurs et cruels. Le film n'est pas irrationnel; il n'a tout simplement pas de comptes à rendre à la logique et à la raison. Lynch crée des émotions en amalgamant dialogues, musique et images... il liasse des impressions émotives à chaque scène, pas une cohérence irréprochable. C'est ce que le cinéma fait depuis toujours, ou presque.

Les souvenirs sont inscrits avant d'être lus, voilà qui pourrait expliquer les libertés que prend l'histoire par rapport aux acteurs et aux personnages. Les hypothèses seront nombreuses, mais expliquer semble ici inutile puisqu'il s'agit ici de satisfaire son esprit de voyeur et de vivre, par compassion, les ambiances et les atmosphères de Lynch. Pas si inusité pour les habitués.

Lynch ne va pas expliquer ses obsessions, mais il va les réunir, dans un festin d'auto-références et de manipulation comme seul le cinéma peut le permettre. Si Inland Empire n'était qu'une suite de chroniques de la vie quotidienne, si Dern n'y incarnait pas tous les rôles, l'effet serait le même; spectateur-victime consentant ou participant, il n'a pas besoin de s'identifier pour vivre l'expérience ultra sensible de compassion d'un monument vivant qui a toujours proposé sa vision sans compromis du cinéma. Pour amateurs ou curieux.

A little boy went out to play... et il n'est toujours pas rentré quarante ans plus tard.
Partager sur : Twitter Facebook
Photo Karl Filion

Mes dernières critiques

Alexandre et sa journée épouvantablement terrible, horrible et affreuse
Le juge
Les apparences
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
2 temps 3 mouvements
Qu'est-ce qu'on fait ici?
L'épreuve : Le labyrinthe
Aimer, boire et chanter
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.