Affiche du film Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
© Paramount Pictures

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Version en français
v.o.a. : Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull
22 mai 2008

Si le chapeau fait, mets-le

Photo Par Karl Filion
Harrison Ford est trop vieux, Steven Spielberg trop obnubilé par les extra-terrestres et George Lucas trop avare pour que ce quatrième film de l'aventurier Indiana Jones fonctionne vraiment. Bien sûr, ce sont tous les trois des gens habiles et compétents qui connaissent leur métier, et Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal applique merveilleusement bien la recette qui a fait le succès du professeur le plus dynamique et le plus chanceux qu'on n'ait jamais vu, c'est-à-dire des dialogues vifs, des cascades « faites à la main » et... un peu de chance. Oui, ça doit être ça.

La méchante communiste Irina Spalko est à la recherche d'une relique bien spéciale, mais elle a besoin d'Indiana Jones pour l'aider à la trouver. Les connaissances de l'archéologue lui permettent de retrouver la trace d'un crâne de cristal vieux de plusieurs milliers d'années qui pourrait fournir la clé d'El Dorado. Accompagné d'un jeune motard, Jones se rend au Pérou pour suivre les traces laissées par le professeur Oxley, qui a perdu la raison...

Sans Harrison Ford, Indiana Jones n'est pas l'ombre de lui-même. Même s'il a vieilli, il sait toujours aussi bien manier le fouet et la répartie. Comme à l'habitude, son humour donne les moments les plus amusants du film, qui ne manque pas de rires. Cependant, l'introduction cabotine et invraisemblable amorce très mal le long métrage, qui ne s'en remettra pas complètement. Il y a chanceux et chanceux, Indiana Jones et ses comparses sont tout simplement bénis des dieux. Shia LaBeouf est moins agaçant que dans Transformers, et on peut même lui trouver un certain charisme pour les duels à vive allure. De là à dire qu'il pourrait, un jour, remplacer le vrai Indiana Jones... ne nous emportons pas.

Steven Spielberg a un véritablement talent pour les films familiaux, et s'il ne révolutionne jamais rien avec ses idées très populistes, il a au moins le mérite de livrer la marchandise, sans jamais dépasser les bornes. Il choisit immanquablement le bon moment pour terminer ses scènes sans effusion de sang, a un sens inné du punch et sait joindre le grandiose, l'utile et l'agréable. Dommage pourtant qu'il ne soit toujours pas sorti de Rencontre du troisième type...

À la fin de Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, on n'a d'autre choix de se demander si les années d'hésitations et de réécriture auront été suffisantes et si ce projet, même vingt ans plus tard, n'aura pas été bâclé. Parce que le scénario tourne les coins ronds (les énigmes ne sont pas très envoûtantes...), les prouesses techniques de la caméra très mobile de Spielberg et les prouesses physiques du vieux Harrison Ford (plus observateur que jamais) n'impressionnent plus comme avant. Indiana Jones est déjà une légende, il n'a donc pas besoin d'y faire sa place. Il n'a pas besoin non plus de convaincre ses fans qu'il est encore le meilleur... il faut d'ailleurs admettre que Nicolas Cage et son National Treasure font bien pâle figure à côté du maître incontesté du fouet. Si George Lucas a besoin d'argent, il y a là un filon à exploiter...
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Photo Karl Filion

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