Affiche du film Coudy with a Chance of  Meatballs
© Sony Pictures

Il pleut des hamburgers

Version en français
v.o.a. : Cloudy with a Chance of Meatballs
17 septembre 2009

Gras saturés

Photo Par Karl Filion

On pouvait s'attendre au pire face à Il pleut des hamburgers. La perspective de blagues de mauvais goût et de jeux de mots faciles était fortement envisageable, et on appréhendait l'infantilisation d'un message plein de bons sentiments à la « sois toi-même ». Tout particulièrement dynamique et bien rythmé, le film est plutôt une aventure délirante et hilarante qui ne prend pas de repos. Les blagues s'enchaînent à une vitesse phénoménale et leur qualité surpasse presque leur quantité. Les enfants ne les saisiront pas toutes, certes, mais le film compense avec une bonne dose d'action qui en fait un vrai délice pour petits et grands. Je m'étais promis de ne jamais utiliser cette formule niaise (« pour les 7 à 77 ans ») mais c'est pourtant tout à fait approprié pour décrire le superbe Il pleut des hamburgers.

Flint Lockwood est un inventeur assez peu talentueux qui fait la honte de son père, propriétaire d'un magasin d'outils liés à la pêche à la sardine. Dans son petit village de Swallow Falls, il s'enferme dans son laboratoire afin de créer des objets aussi dangereux qu'inutiles. Sa plus récente invention : une machine qui transforme l'eau en nourriture. Si, au départ, tout semble bien fonctionner, les choses se corsent lorsqu'un maire opportuniste décide de faire de Swallow Falls une destination touristique de choix et surtaxe la machine de Flint. Avec l'aide d'une météorologue, Sam Sparks, ce dernier devra empêcher une catastrophe naturelle mondiale.

S'il y a quelques incontournables, dont la prévisible romance entre Flint et Sam et quelques messages de vie plus ou moins subtils, Il pleut des hamburgers croule sous la créativité. L'univers est complètement déjanté et très cartoonesque, ce qui permet tous les excès dont une « savoureuse » attaque de gummy bears. L'humour, presque toujours propre et poli, mise beaucoup sur les chocs générationnels, sur une insouciance rafraîchissante frôlant l'absurde et sur une panoplie de références savantes, rendant le film pratiquement imprévisible.

Le talent de Bill Hader, longtemps associé à Saturday Night Live et aux projets de Judd Apatow, y est également pour beaucoup. Son interprétation dynamique, dans la version anglaise, de ce maladroit Flint Lockwood, est tout à fait dans le ton et tout spécialement juste.

On pourrait aisément lever le nez sur Il pleut des hamburgers en le comparant à Là-haut, l'autre meilleur film d'animation de l'année. Pourtant, si ce dernier était plus émotif et plus artistique - cela est sans équivoque - il était aussi moins cohérent. Il pleut des hamburgers respecte toutes ses règles internes (qui sont effectivement bien moins sévères), ce qui en fait un film plus réussi, plus dynamique aussi, et finalement bien juvénile. Jamais puéril, cela dit, jamais bébête, jamais niaiseux... Un film misant sur une surenchère humoristique qui ne dénigre jamais son public, de 7 à 77 ans, et qui ne ralentit jamais. Voilà un beau succès.

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Photo Karl Filion

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